Caméras de surveillance offertes à la ville de Valenciennes par Huawei : les habitants doivent-ils s’inquiéter ?

Depuis plus de 2 ans, près de 250 caméras ont été installées dans la ville de Valenciennes. La municipalité a en effet signé une convention avec l’entreprise chinoise Huawei, faisant figure de géant dans le domaine des nouvelles technologies. Face à cette augmentation de la vidéosurveillance sur la voie publique, les habitants de Valenciennes se posent des questions quant à la protection de leur vie privée.

Les raisons du cadeau de Huawei à Valenciennes

Nombre de particuliers s’équipent de systèmes de vidéoprotection, comme une caméra de surveillance, pour protéger leur maison des cambriolages. Si cette pratique privée est tout à fait admise, la question de la vidéosurveillance sur la voie publique est plus sujette à controverse.

La ville de Valenciennes est déjà équipée de 241 caméras de la marque Huawei. Ce chiffre devrait se monter à 323. Ces caméras dernière génération sont fournies gratuitement par l’entreprise, afin de mener une expérimentation appelée « Safe City ». C’est le maire de Valenciennes qui a pris contact avec la firme chinoise pour mettre en place le projet dans sa municipalité. Le géant chinois, qui n’avait pas encore testé son projet en France, a répondu par l’affirmative. En plus de l’installation des caméras et de serveurs vidéo, l’entreprise et la mairie ont également passé un contrat de maintenance qui autorise Huawei à accéder au système à distance, après autorisation du maire.

Après le début du projet, un scandale a éclaté, les États-Unis ayant accusé Huawei d’espionnage. Malgré cela, la ville de Valenciennes n’a pas mis en cause le programme. Les habitants ont cependant commencé à manifester leur inquiétude.

Des caméras nouvelle génération

Face à ces inquiétudes, les autorités ont affirmé que les systèmes mis en place n’étaient pas capables de reconnaître un visage. C’est pourtant possible aujourd’hui avec les techniques d’intelligence artificielle. La législation française encadre très fortement la question, et interdit l’utilisation des données pour favoriser la reconnaissance faciale. Le maire de Valenciennes a confirmé avoir toujours respecté la loi.

Les valenciennois doivent-ils avoir peur des caméras de surveillance Huawei ?

Un récent documentaire, « Qui a peur de Huawei ?», diffusé par France 5, a permis d’interroger la légitimité du projet. En Chine, « Safe City » est déployé sur de nombreux territoires, et permet aux autorités d’avoir recours à la reconnaissance faciale. Un expert du CSIS indique que ce type de technologie est utilisée pour contrôler la population. Le régime chinois s’en sert pour identifier les auteurs d’infractions.

Si, officiellement, aucune pratique de ce type n’est mise en place à Valenciennes, le caractère totalement gratuit du geste continue à poser question. Des personnes s’interrogent sur la volonté cachée de Huawei, et sur les bénéfices que l’entreprise compte réaliser via cette opération.