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	<title>APEAS</title>
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	<description>Agence proven&#231;ale pour une &#233;conomie alternative et solidaire</description>
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		<title>L'ESS, les entreprises sociales et le capitalisme : &quot;&#233;noncer ce qui nous s&#233;pare&quot;</title>
		<link>http://www.apeas.fr/L-ESS-les-entreprises-sociales-et.html</link>
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		<dc:date>2010-03-22T21:11:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Rencontre avec Nadine Richez-Battesti, &#233;conomiste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.apeas.fr/-Opinions-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2469 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/IMG/jpg/00167.jpg' width=&quot;200&quot; height=&quot;252&quot; alt=&quot;&quot; /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;but 2010 le &lt;a href='http://www.mouves.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;Mouves&lt;/a&gt; (Mouvement des entrepreneurs sociaux) a vu le jour, &#224; l'initiative d'associations d'insertion et de repr&#233;sentants des &#171; entreprises sociales &#187;. Rassembler sous une m&#234;me banni&#232;re des acteurs de l'&#233;conomie sociale et des entreprises sociales pose une question fondamentale : quel rapport entretient-on avec le capitalisme ?
Ce qui a fait r&#233;agir Jean-Fran&#231;ois Draperi, animateur de la revue Recma par un article intitul&#233; &lt;a href='http://www.recma.org/node/974' class='spip_out' rel='external'&gt;L'entrepreneuriat social, un mouvement de pens&#233;e inscrit dans le capitalisme&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autrement dit, les adjectifs &#171; social et solidaire &#187; sont &#224; double tranchant, une volont&#233; d'&#233;mancipation de transformation sociale pour certains, un secteur d'activit&#233; &#233;conomique pour d'autres. Dans le premier cas on se situe dans le paradigme d'une soci&#233;t&#233; &#171; acapitaliste &#187;, dans le second on est clairement dans le capitalisme, m&#234;me si on imagine pouvoir le r&#233;guler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons voulu connaitre le regard de Nadine Richez-Battesti, &#233;conomiste, co-directrice du &lt;a href='http://sceco.univ-aix.fr/formations.php?IdProfil=9&amp;IdDiplome=133' class='spip_out' rel='external'&gt;Master RH &#233;conomie sociale et solidaire &#224; l'Universit&#233; de la M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt; et chercheure au &lt;a href='http://www.lest.cnrs.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;LEST-cnrs&lt;/a&gt;, membre du comit&#233; de r&#233;daction de la &lt;a href='http://www.recma.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;Recma&lt;/a&gt; et fervente d&#233;fenseur de l'ESS comme espace de conqu&#234;te de libert&#233; et d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le vocable d'ESS, &#233;conomie sociale et solidaire, s'impose dans le langage, pourtant derri&#232;re ces deux termes il y a deux mondes diff&#233;rents, souvent dans des rapports de d&#233;fiance, qui peinent &#224; s'entendre sur une position vis &#224; vis du capitalisme. Vous utilisez sciemment ce terme et avez souvent servi de &#171; go between &#187; entre les deux, pourquoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On fait souvent le reproche &#224; l'&#233;conomie sociale de s'&#234;tre institutionnalis&#233;e et d'avoir perdu ses valeurs fondatrices, notamment la gouvernance participative. On retrouve cette analyse, particuli&#232;rement dans le travail critique de Jean-Louis Laville et du Crida. Elle est judicieuse et elle appelle un d&#233;bat, mais pas n'importe comment.
&lt;br /&gt;Si le d&#233;bat permet de retravailler les fondamentaux, c'est &#224; dire la qualit&#233; des services, l'&#233;mancipation, la r&#233;ponse &#224; de nouveaux besoins, l'innovation sociale, alors &#231;a vaut la peine.
&lt;br /&gt;Si le d&#233;bat enferme, crispe et divise alors il devient dangereux.
J'ai choisi tr&#232;s t&#244;t le terme ESS, comme posture strat&#233;gique qui rappelle &#224; l'&#233;conomie sociale de ne pas oublier l'&#233;mancipation, la participation et &#224; l'&#233;conomie solidaire de ne pas oublier que les r&#232;gles et les statuts rendent possible son projet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un vrai enjeu &#224; pr&#233;server des formes de propri&#233;t&#233;s collectives dans l'&#233;conomie, parce que la propri&#233;t&#233; des moyens de production est centrale dans une perspective &#171; d'acapitalisme &#187;.
&lt;br /&gt;Je rejoins la position du Labo de l'ESS lorsqu'il reprend le terme ESS, c'est sur ce terme que je me bats depuis dix ans, pour servir d'interface entre ce que dit Jean-Fran&#231;ois Draperi et la Recma d'un cot&#233; et l'&#233;quipe de Jean-Louis Laville de l'autre.
&lt;br /&gt;On est suffisamment petits et m&#233;connus pour ne pas nous scinder.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;O&#249; en l'&#233;conomie sociale et l'&#233;conomie solidaire vis &#224; vis du capitalisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Statutairement et historiquement l'&#233;conomie sociale est &#171; acapitaliste &#187;, c'est &#224; dire qu'elle ne d&#233;fend pas la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Mais elle n'est pas anticapitaliste id&#233;ologiquement, parce qu'elle pense que pour certains services et types de production, le capitalisme est difficilement d&#233;passable. Y compris parce que certaines activit&#233;s sont soumises &#224; des normes qui rendent difficiles d'&#233;chapper &#224; l'id&#233;ologie ou aux repr&#233;sentations dominantes, induisant un isomorphisme normatif [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon les travaux de Dimaggio et Powell (1983), il s'agit la standardisation (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;conomie alternative et solidaire se situerait plus dans une alternative au capitalisme, parce qu'elle est moins institutionnalis&#233;e, parce qu'elle met plus l'accent sur la soci&#233;t&#233; civile et les regroupements volontaires. Mais en tant qu'alternative, elle a privil&#233;gi&#233; l'engagement et la finalit&#233; sur l'entrepreneuriat et les r&#232;gles d'organisation. Aussi il me semble qu'elle oscille souvent entre n&#233;gation de l'entrepreneuriat au profit du projet et sur valorisation de l'entrepreneuriat lorsque certains de ses acteurs rencontrent l'entrepreneuriat social.
&lt;br /&gt;Finalement, je me demande si le d&#233;bat sur l'entrepreneuriat ne vient pas faire &#233;cran aujourd'hui &#224; celui qui porterait sur le rapport au capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Finalement, je me demande si le d&#233;bat sur l'entrepreneuriat ne vient pas faire &#233;cran aujourd'hui &#224; celui qui porterait sur le rapport au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Y a-t-il un v&#233;ritable d&#233;bat sur ce sujet de fond, qui fonde l'identit&#233; des uns et des autres ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Non, je crois que ce d&#233;bat fait d&#233;faut. Mais il faut &#234;tre prudent de ne pas nous diviser davantage aux yeux de l'opinion publique. Je pense qu'il faudrait deux niveaux de d&#233;bat.
&lt;br /&gt;En premier lieu, un d&#233;bat &#171; en interne &#187;, au sein des courants et entre courants de l'ESS, notamment autour de la question de comment on peut avancer sur les &#233;carts entre les valeurs fondatrices et les pratiques, dans le rapport au capitalisme&#8230;
&lt;br /&gt;En second lieu, il y a le d&#233;bat &#171; en externe &#187;, avec d'autres acteurs &#233;conomiques et la soci&#233;t&#233; civile. Non seulement ce niveau de d&#233;bat est insuffisant, mais le plus souvent, il contribue &#224; brouiller notre image car nous d&#233;battons de d&#233;tails plus que de l'essentiel, c'est &#224; dire la capacit&#233; des personnes &#224; s'associer pour r&#233;aliser un projet et &#224; mettre en &#339;uvre des r&#232;gles d'organisation d&#233;mocratiques et participatives. Pour l'instant ce qui &#233;merge en externe n'est pas le bon niveau de d&#233;bat. On brouille notre image vis &#224; vis de l'opinion publique. Il faudrait discuter de ce dont on devrait d&#233;battre publiquement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le Mouves vient de se cr&#233;er, avec en son sein une composante d'entreprises sociales, dont certaines semblent ambig&#252;es...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a une offensive sur le terme entreprise sociale qui est pourtant un terme valise &#224; significations multiples. Sch&#233;matiquement, on peut distinguer deux grandes oppositions.
&lt;br /&gt;D'un c&#244;t&#233; le terme caract&#233;rise des organisations ancr&#233;es dans l'ESS, qui se pr&#233;sentent comme force d'innovation sociale et de gouvernance partenariale dans les territoires. Mais la question des droits de propri&#233;t&#233;, et donc celle d'une propri&#233;t&#233; collective et impartageable n'est pas pos&#233;e En ce sens, l'entreprise sociale ne recoupe pas compl&#232;tement l'ESS m&#234;me si elle s'en rapproche. On retrouverait ici plut&#244;t une conception europ&#233;enne de l'entreprise sociale.
&lt;br /&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, il y a des entreprises sociales constitutives d'un capitalisme social, voir d'un nouveau capitalisme qui fait des pauvres un nouveau march&#233;. Elles reposent sur le mod&#232;le pr&#233;conis&#233; par la Harvard Business School d&#232;s la fin des ann&#233;es 80 et popularis&#233; par Muhamad Yunus, qu'on appelle le &#171; social business &#187;. On est clairement dans un segment d'activit&#233; du capitalisme, qu'on peut qualifier de philanthropique ou compassionnel, parce qu'il se soucie des plus pauvres. Des entreprises capitalistes fran&#231;aises (Veolia, Danone...) en sont une illustration. En compl&#233;ment de leur activit&#233; traditionnelle dans les pays industrialis&#233;s, elles d&#233;veloppent une activit&#233; sociale ou environnementale en direction de pays en voie de d&#233;veloppement et notamment du Bengladesh. Elles externalisent la &#171; bonne pratique &#187; en direction des pauvres, segmentent leur activit&#233;. Au final les pratiques vertueuses n'atteignent jamais le coeur m&#234;me de l'outil de production. Cela emp&#234;che de construire l'activit&#233; &#233;conomique comme un espace d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;... des entreprises sociales constitutives d'un capitalisme social, voir d'un nouveau capitalisme qui fait des pauvres un nouveau march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant le terme d'entreprise sociale s'impose partout comme un renouveau du capitalisme &#224; visage humain et respectueux de la plan&#232;te...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je vois bien que l'entreprise sociale est une terminologie pratique sur le plan international, cr&#233;ant un certain consensus&#8230;, ais&#233;ment traductible, particuli&#232;rement dans les pays o&#249; l'influence am&#233;ricaine est soutenue. Elle caract&#233;rise le plus souvent des op&#233;rations entrepreneuriales orient&#233;es vers de populations en difficult&#233;s et pr&#233;sent&#233;es comme innovantes. J'entends bien aussi l'ambition fran&#231;aise et plus largement europ&#233;enne de cr&#233;er leur propre conception de l'entreprise sociale dix ans apr&#232;s les am&#233;ricains. Mais j'ai un peu peur qu'ils sous estiment la capacit&#233; du mod&#232;le am&#233;ricain &#224; diffuser sa propre conception en &#233;liminant les autres, et la force centrifuge du capitalisme, prompt &#224; tout r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelle serait la bonne posture vis &#224; vis du business social ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'abord il faudrait &#233;noncer ce qui s&#233;pare l'ESS du business social, que je r&#233;sumerais en trois points.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier c'est l'opposition entre un mod&#232;le descendant (&#171; top-down &#187;) du business social, et plus g&#233;n&#233;ralement de l'entreprise capitaliste, et un mod&#232;le ascendant (&#171; bottom-up &#187;) caract&#233;ristique de l'ESS qui fait du territoire le creuset de l'&#233;conomie. Ce n'est pas l'entreprise qui cr&#233;e l'activit&#233;, ce sont le hommes et les femmes qui habitent un territoire qui d&#233;terminent les besoins et les activit&#233;s n&#233;cessaires et cr&#233;ent des entreprises. L'entreprise n'est qu'un outil et non une finalit&#233;. Les mod&#232;les pyramidaux descendants cherchent &#224; amener les pauvres &#224; consommer, alors qu'il faut contribuer &#224; la construction de leur autonomie et de leur capacit&#233; &#224; produire : , c'est la fable du p&#233;cheur1.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me concerne la propri&#233;t&#233; de l'outil de production. D'un c&#244;t&#233; l'outil de production appartient &#224; un petit nombre d'actionnaires, de l'autre il est aux mains de l'ensemble des acteurs qui participent &#224; l'activit&#233; et qui en assument la gestion dans une logique d&#8216;&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me, c'est la dimension collective de l'entreprise. Derri&#232;re l'entrepreneur social il y a l'entrepreneur en tant qu'individu, dans le cadre d'un projet individuel, alors que l'&#233;conomie sociale est fond&#233;e sur un entrepreneuriat collectif et sur la solidarit&#233; de ses membres. Le mod&#232;le du capitalisme philantropique reste un mod&#232;le n&#233;o-paternaliste et individualiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derri&#232;re ces trois points d'opposition, il me semble qu'il y a deux enjeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celui de la croissance et de la richesse. Pour se reproduire et s'&#233;tendre, le march&#233; cr&#233;e artificiellement du besoin, permettant de g&#233;n&#233;rer ainsi toujours plus de production, et de consommation. Et donc toujours plus de croissance. Mais cette croissance n'est par forc&#233;ment synonyme d'une augmentation de la richesse ou de sa meilleure r&#233;partition. Il importe donc de sortir d'une conception &#233;troite et dat&#233;e de la croissance pour repenser la richesse. Et avec elle, il faut r&#233;ussir &#224; produire localement, moins et mieux, en fonction de besoin r&#233;els.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fa&#231;on li&#233;e, l'autre enjeu est celui de l'&#233;valuation. Elle reste prisonni&#232;re du carcan la performance et de la quantit&#233;. La conception courante de l'&#233;valuation est trop &#233;troite et &#224; vis&#233;e performative. Or l'&#233;valuation doit aussi prendre en compte les usages et l'accessibilit&#233; des biens et des services et plus largement les impacts soci&#233;taux, trop souvent n&#233;glig&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au final on retrouve bien l'id&#233;e d'encastrement de l'&#233;conomie dans le social et le politique qu'a formul&#233; Karl Polanyi. Cet encastrement explicite le positionnement de l'ESS dans une &#233;conomie plurielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi, plus que de rejeter le business social, qui constitue aujourd'hui une des tendances du capitalisme, il importe de dire ce qui nous en diff&#233;rencie. Il importe aussi de dialoguer avec les entreprises sociales proches du mod&#232;le europ&#233;en, pour qu'elles se distinguent d'un capitalisme social et de l'entreprise &#224; finalit&#233; lucrative en revendiquant la gamme compl&#232;te de leurs sp&#233;cificit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Au final on retrouve bien l'id&#233;e d'encastrement de l'&#233;conomie dans le social et le politique qu'a formul&#233; Karl Polanyi. Cet encastrement explicite le positionnement de l'ESS dans une &#233;conomie plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelle pourrait &#234;tre une revendication de l'ESS ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant tout je dirais qu'une vraie revendication serait la reconqu&#234;te de la libert&#233; de cr&#233;er de l'activit&#233; collective, de construire des r&#232;gles communes dans une organisation &#233;conomique qui ne se limite pas &#224; la forme individuelle (le mythe de l'auto-entrepreneur) ou &#224; la forme actionnariale (le mythe du tous propri&#233;taire). Tout cela est n&#233;cessaire pour redynamiser des alternatives au capitalisme. Or de plus en plus, les proc&#233;dures de march&#233;s publics rendent difficiles aux petites organisations de r&#233;pondre, voir imposent un mod&#232;le qui est celui de l'entreprise &#171; for profit &#187;&#8230; Il y a l&#224; un v&#233;ritable danger d'extinction de l'ESS et d'extension d'un capitalisme &#224; vocation h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite je dirait que l'ESS ne doit pas s'enfermer dans &#171; le petit &#187; et l'exp&#233;rimentation. S'autoriser &#224; g&#233;n&#233;raliser, ne pas se satisfaire de petites initiatives. &#171; On est bien dans son amap &#187; : c'est tr&#232;s bien une Amap, mais on doit aller beaucoup plus loin en formalisant des circuits courts, en inventant de nouvelles d&#233;clinaisons de la proximit&#233;, de nouvelles fili&#232;res productives. C'est d'ailleurs une des volont&#233;s de l'entreprise sociale que de s'&#233;tendre et se g&#233;n&#233;raliser, mais au prix d'une certaine ambiguit&#233;, en passant sous silence la question essentielle de la nature de la propri&#233;t&#233; et des droits qui lui sont associ&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;S'autoriser &#224; g&#233;n&#233;raliser, ne pas se satisfaire de petites initiatives. &#171; On est bien dans son amap &#187; : c'est tr&#232;s bien une Amap, mais on doit aller beaucoup plus loin en formalisant des circuits courts, en inventant de nouvelles d&#233;clinaisons de la proximit&#233;, de nouvelles fili&#232;res productives.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vous insistez beaucoup sur la construction de r&#233;ponses locales &#224; des besoins &#233;conomiques locaux, en phase avec le territoire, mais pensez-vous que pour certains services on ai besoin de services publics forts ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Oui je pense que l'&#233;ducation, la sant&#233; notamment doivent faire l'objet de politiques publiques et de financement publics, pour que l'acc&#232;s pour tous soit garanti. Je pense aussi que des partenariats publics-priv&#233;s pourraient trouver une nouvelle vitalit&#233;, d&#232;s le moment o&#249; les acteurs publics ne font pas de l'ESS un simple subordonn&#233; qu'il importe de contr&#244;ler tandis qu'ils accordent confiance et libert&#233; au entreprises lucratives. Autrement dit les acteurs publics doivent mieux conna&#238;tre la diversit&#233; des acteurs &#233;conomiques et se r&#233;approprier la notion de service public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise actuelle montre qu'il est temps non seulement d'encadrer le march&#233;, mais aussi et surtout de r&#233;duire le comportement h&#233;g&#233;monique de l'entreprise lucrative qui pr&#233;tend pouvoir et savoir tout faire, y compris l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230; On le voit l'enjeu est bien celui d'une &#233;conomie plurielle&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;dric Lefebvre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Selon les travaux de Dimaggio et Powell (1983), il s'agit la standardisation des m&#233;thodes de travail au sein d'une profession, r&#233;sultant d'une standardisation de la formation de la main d'&#339;uvre et de son recrutement, qui s'impose comme une norme aux nouveaux entrants dans la profession&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&quot;Se r&#233;approprier sa propre subjectivit&#233;&quot;</title>
		<link>http://www.apeas.fr/se-reapproprier-sa-propre.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Entretien Avec Alain Accardo, sociologue, &#224; propos de son livre &lt;i&gt;Le petit Bourgeois Gentilhomme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.apeas.fr/-Opinions-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2247 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:220px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/IMG/jpg/9782748901023.jpg' width=&quot;220&quot; height=&quot;384&quot; alt=&quot;Le Petit Bourgeois Gentilhomme - Sur les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques des classes moyennes&quot; title=&quot;Le Petit Bourgeois Gentilhomme - Sur les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques des classes moyennes&quot; /&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_titre&quot;&gt;Le Petit Bourgeois Gentilhomme - Sur les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques des classes moyennes&lt;span&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_descriptif&quot;&gt;&lt;p&gt;Contre Feux Agone, 2009, 152 pages, 13&#8364;&lt;/p&gt;&lt;span&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;conomie solidaire rassemble des gens qui pensent qu'un autre monde est en train de se construire, en rejet des valeurs destructrices du capitalisme. Si les initiatives solidaires ne sont plus &#224; la marge du syst&#232;me - dont la crise ne fait que renforcer la cr&#233;dibilit&#233; - elles restent encore dans la marge. On aimerait qu'il y ait tellement de monde dans cette marge qu'elle devienne le corps de la page. Une page d'une seul corps d'ailleurs, sans personne &#224; la marge. Une soci&#233;t&#233; d'&#233;quit&#233;. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas.
On sait que l'ESS peut rassembler du monde, dans la convivialit&#233;, &#224; l'occasion de grands &#233;v&#233;nements comme le mois de l'ESS l'a montr&#233; en novembre. Mais qui n'a pas constat&#233; que, dans ces assembl&#233;es, on a tendance &#224; se retrouver dans un entre-soi confortable. M&#234;me origine sociale, m&#234;me niveau d'&#233;ducation (&#233;lev&#233;), communaut&#233; de valeurs, importance des r&#233;seaux relationnels...
Comme nous sommes nombreux &#224; consid&#233;rer que l'&#233;conomie solidaire vise, pour faire court, &#224; &#233;manciper tous les humains de l'h&#233;g&#233;monie de l'&#233;conomie (&#224; r&#233;encastrer l'&#233;conomique dans le social disait Karl Polanyi), on imagine mal faire l'&#233;conomie solidaire entre classes moyennes. Si c'est un fait cela doit nous pousser &#224; comprendre les m&#233;canismes sociologiques et politiques complexes qui produisent cette situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre publi&#233; chez un &#233;diteur ind&#233;pendant marseillais, Agone, &#171; Le petit-bourgeois gentilhomme ; sur les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques des classes moyennes &#187;, entreprend de r&#233;pondre &#224; ces questions. Nous avons donc rencontr&#233; son auteur, le sociologue, Alain Accardo, et lui avons demand&#233; comment des initiatives solidaires, tout en poursuivant le bien commun d'un c&#244;t&#233; peuvent renforcer le syst&#232;me en place, &#224; l'encontre de leurs valeurs et avec les meilleures intentions du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La Dynamo : Comment d&#233;finir le petit bourgeois gentilhomme ? Suffit-il d'appartenir aux classes moyennes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Accardo :&lt;/strong&gt; Ce que j'appelle un &#171; petit-bourgeois gentilhomme &#187;, c'est un membre de la classe moyenne que son d&#233;sir de distinction et de promotion sociale pousse &#224; se rapprocher davantage des membres de la classe poss&#233;dante/dirigeante, les bourgeois proprement dits. Malheureusement pour lui, les capitaux de ces derniers, sp&#233;cialement le capital &#233;conomique et financier et le capital relationnel, &#233;tant sans commune mesure avec les siens, l'&#233;cart &#224; combler est g&#233;n&#233;ralement trop important pour lui permettre une int&#233;gration effective aux classes sup&#233;rieures et l'appropriation, dans leur mat&#233;rialit&#233; et dans leur modalit&#233;, de toutes les pratiques et consommations caract&#233;ristiques de leur mode de vie (ce n'est pas seulement une question p&#233;cuniaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'identification du petit-bourgeois &#224; son mod&#232;le bourgeois tend &#224; devenir plus fantasm&#233;e que r&#233;elle. La mobilit&#233; sociale ascendante &#233;tant finalement assez limit&#233;e &#8211; quoi qu'en dise la mythologie m&#233;ritocratique &#8211; il arrive que les efforts du petit-bourgeois pour s'anoblir aboutissent &#224; un statut de &#171; parvenu &#187; (tard-venu), qui est &#224; la bourgeoisie de souche ce que le M. Jourdain de Moli&#232;re &#233;tait &#224; la noblesse d'&#233;p&#233;e, d'o&#249; mon appellation. Ce statut, comme tous les statuts moyens, peut &#234;tre consolid&#233; ou compromis &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante (actuellement on voit s'accentuer la tendance &#224; une d&#233;gradation, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre). D'o&#249; ce m&#233;lange de traits contradictoires propre &#224; l'identit&#233; petite-bourgeoise : pr&#233;tention (qui est aussi pr&#233;-tension) &#224; para&#238;tre ce que l'on n'est pas encore ou pas tout &#224; fait, &#224; se mettre avantageusement en sc&#232;ne, assurance de soi en m&#234;me temps que doute sur sa valeur r&#233;elle, fascination pour l'univers bourgeois et ressentiment d'en &#234;tre exclu, sympathie condescendante pour les classes populaires mais volont&#233; de s'en distinguer &#224; tout prix et crainte d'y retomber, d&#233;sir de changer les choses mais sans compromettre la situation acquise, etc., tous ces traits se manifestant &#224; des degr&#233;s diff&#233;rents selon les trajectoires, les h&#233;ritages, les acquisitions de chacun(e), et la position pr&#233;sentement occup&#233;e. Il faut avoir d&#233;j&#224; atteint un certain niveau d'accumulation des capitaux (h&#233;ritages, patrimoines, dipl&#244;mes, relations, etc.) pour se mettre &#224; nourrir des pr&#233;tentions &#224; forcer l'acc&#232;s des classes sup&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du fait qu'elle rassemble tous ceux qui poss&#232;dent un certain volume, extr&#234;mement variable au demeurant, de capital &#233;conomique et/ou culturel, la classe moyenne constitue dans les soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es une &#233;norme n&#233;buleuse, un conglom&#233;rat mouvant de statuts, de r&#244;les, de cat&#233;gories et de fonctions, dont il est vain de chercher &#224; cerner exactement les contours mal fix&#233;s. En revanche, ce qu'on peut souligner, c'est leur d&#233;nominateur commun, sociologiquement d&#233;cisif, qui est de se situer dans un continuum social &#233;tir&#233; entre les deux p&#244;les, sup&#233;rieur et inf&#233;rieur, de la domination sociale, occup&#233;s respectivement par les fractions distingu&#233;es des classes poss&#233;dantes et par la masse indistincte des classes d&#233;poss&#233;d&#233;es. Les positions moyennes ne se d&#233;finissent pas dans l'absolu, mais toujours relativement, par rapport &#224; d'autres, sup&#233;rieures ou inf&#233;rieures. Le petit-bourgeois est ins&#233;parablement un domin&#233;-dominant, domin&#233; chez les dominants et dominant chez les domin&#233;s. Tout son &#234;tre se trouve marqu&#233; par cette hybridit&#233; sociale. Si le crit&#232;re de la position dans la structure des classes sociales et plus pr&#233;cis&#233;ment de l'appropriation des capitaux autorise &#224; mettre en vrac toutes les fractions moyennes dans un m&#234;me grand panier, au moins doit-on pr&#233;ciser que selon qu'on consid&#232;re le dessus ou le fond du panier, on va y trouver une proportion tr&#232;s diff&#233;rente de petits-bourgeois gentilshommes, en voie d'ascension et de d&#233;classement par le haut, s'autoproclamant volontiers membres d'une &#171; &#233;lite &#187; (comme par exemple des membres de professions lib&#233;rales, des cadres sup&#233;rieurs d'entreprises industrielles ou commerciales, des universitaires, des artistes &#224; succ&#232;s ou des journalistes vedettes, etc.), et de petits-bourgeois prol&#233;taro&#239;des, en voie de r&#233;gression et menac&#233;s de d&#233;classement par le bas, (comme par exemples des jeunes journalistes pr&#233;caires, des enseignants auxiliaires, des employ&#233;s de bureau, des travailleurs sociaux ou des petits boutiquiers traditionnels).&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le petit-bourgeois est ins&#233;parablement un domin&#233;-dominant, domin&#233; chez les dominants et dominant chez les domin&#233;s. Tout son &#234;tre se trouve marqu&#233; par cette hybridit&#233; sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2315 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L500xH463/dynamo-5b29c.jpg' width='500' height='463' alt=&quot;Par Djanf et Charly-N&quot; title=&quot;Par Djanf et Charly-N&quot; style='height:463px;width:500px;' /&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_titre&quot;&gt;Par Djanf et Charly-N&lt;span&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_descriptif&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/group.php?gid=199117552548&amp;ref=ts&quot;&gt;&quot;j'ai toujours raison parce que j'ai jamais tort&quot;
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;span&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment l'identit&#233; sociale hybride de la classe moyenne se manifeste-t-elle dans ses rapports avec les autres classes sociales ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette position structurelle dans l'entre-deux social a pour cons&#233;quence, aujourd'hui comme tout au long de leur histoire, que les diff&#233;rentes fractions des classes moyennes n'ont cess&#233; d'osciller et de se partager plus ou moins fortement entre deux attitudes oppos&#233;es, tant&#244;t se sentant plus proches des domin&#233;s victimes du syst&#232;me, tant&#244;t se sentant davantage en affinit&#233; avec les dominants profiteurs du syst&#232;me. D'o&#249; des alliances strat&#233;giques (particuli&#232;rement en politique) &#224; g&#233;om&#233;trie variable, versatiles, contradictoires, qui font que, selon la conscience qu'ils prennent de leurs int&#233;r&#234;ts du moment, les petits-bourgeois se veulent davantage des &#171; serviteurs du prince &#187; ou davantage des &#171; amis du peuple &#187;, avec cette particularit&#233; significative que quand ils se tournent vers les dominants, c'est pour leur servir d'auxiliaires, et quand ils se tournent vers les domin&#233;s, c'est pour en faire leurs ouailles et leur client&#232;le. Ils constituent de la sorte un maillon interm&#233;diaire efficace pour l'accomplissement des rapports de domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut d&#233;chiffrer toute l'histoire r&#233;cente de la gauche fran&#231;aise au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies, &#224; travers cette grille conceptuelle. L'av&#232;nement dans les ann&#233;es 70-80 de nouvelles fractions de la classe moyenne gonfl&#233;es et dop&#233;es par les &#171; Trente Glorieuses &#187; et le d&#233;veloppement du tertiaire, a fait dans un premier temps, le bonheur d'une gauche sociale-lib&#233;rale, une gauche des &#171; &#233;lites &#187; domin&#233;e par le PS mitterrandien, une gauche &#171; caviar &#187;, branch&#233;e-m&#233;dias, h&#233;doniste, consum&#233;riste et ostentatoire, cumulant hauts revenus, patrimoine h&#233;rit&#233; et fort capital culturel (sp&#233;cialement dans sa fraction dirigeante), gouvernant pour la bourgeoisie et mettant h&#233;g&#233;moniquement &#224; sa remorque la gauche populaire r&#233;duite &#224; l'&#233;tat de force &#233;lectorale suppl&#233;tive. Mais la mondialisation &#233;conomique capitaliste et le grippage croissant des structures &#233;conomiques mis en &#233;vidence par &#171; la crise &#187;, sont en train de remodeler les rapports sociaux au d&#233;triment des classes populaires, ce qui n'est pas nouveau, bien s&#251;r, mais aussi, ce qui l'est davantage, au d&#233;triment de cat&#233;gories moyennes de plus en plus larges et en voie de paup&#233;risation. L'effondrement en cours du PS, encore qu'il soit tr&#232;s att&#233;nu&#233; par la logique binaire du syst&#232;me &#233;lectoral et sa forte implantation territoriale, retraduit en termes de repr&#233;sentation politique le d&#233;clin croissant des classes moyennes, comme l'effondrement du PCF a exprim&#233; nagu&#232;re l'amoindrissement, non pas des effectifs, mais du rayonnement de la culture ouvri&#232;re et/ou paysanne.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A quelles conditions une initiative solidaire peut-elle vraiment questionner le syst&#232;me, la soci&#233;t&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment pourrait-elle mettre s&#233;rieusement en question le syst&#232;me capitaliste, puisque par d&#233;finition elle consiste &#224; intervenir au niveau des effets du syst&#232;me et non de ses causes profondes. Les initiatives solidaires visent &#224; r&#233;parer des dommages, &#224; att&#233;nuer des d&#233;g&#226;ts, &#224; trouver des palliatifs, des alternatives, des compensations, des adjuvants, etc., pour aider ceux qui ont le plus &#224; souffrir du syst&#232;me. De ce point de vue elles sont indiscutablement n&#233;cessaires et utiles, mais dans la mesure o&#249; elles s'inscrivent dans une perspective essentiellement r&#233;formiste de l'ordre &#233;tabli, pour ne pas dire dans un registre humanitaire, elles restent sans effet sur les racines profondes du mal. Le syst&#232;me capitaliste s'accommode depuis plus d'un si&#232;cle d'une logique r&#233;formiste de fonctionnement. C'est le prix qu'il doit payer pour rester l&#233;gitime. D'ailleurs nos plus grands &#171; r&#233;formateurs &#187; actuels ne sont-ils pas &#224; l'Elys&#233;e et au Medef ? C'est dire ! Quant aux r&#233;formistes de gauche qui se battent avec altruisme en faveur des victimes du syst&#232;me, ils feraient plut&#244;t penser &#224; des matelots s'&#233;chinant &#224; &#233;coper le fond d'une barque o&#249; s'ouvrent contin&#251;ment de nouvelles voies d'eau. Il est bien possible que certaines initiatives solidaires esquissent des solutions ou portent en germe des changements structurels qui m&#233;riteraient d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;s &#224; grande &#233;chelle. Mais il ne suffit pas d'avoir des id&#233;es intelligentes et g&#233;n&#233;reuses, il faut avoir aussi la force sociale et le pouvoir politique d'en imposer la r&#233;alisation. A d&#233;faut de ce pouvoir, on peut toujours introduire des initiatives solidaires dans les failles, les interstices et les lacunes du syst&#232;me, elles ne peuvent le toucher au c&#339;ur, et comme Sisyphe, il faudra inlassablement remonter la pente.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; on est &#224; son insu le jouet du syst&#232;me, le jouet d'un jeu social auquel, m&#234;me quand on d&#233;cide de changer certaines r&#232;gles, on continue &#224; adh&#233;rer par des fibres innombrables et inconscientes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez &#233;crit que &#171; Nos luttes ne doivent pas se livrer seulement aux niveaux politique et &#233;conomique mais doivent s'accompagner d'un autre combat, tout aussi n&#233;cessaire, dont l'enjeu est la r&#233;appropriation par chacun de sa propre subjectivit&#233; &#187;. Pouvez-vous pr&#233;ciser davantage votre propos ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Mon propos s'adresse &#233;videmment aux petits-bourgeois de gauche et plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; ceux d'une gauche radicale, qui ont pris position contre le syst&#232;me capitaliste et exprim&#233; une volont&#233; de rompre avec lui. En g&#233;n&#233;ral cela se traduit concr&#232;tement par un engagement militant dans les luttes politiques, &#233;conomiques et sociales, dans le cadre d'une organisation politique, syndicale, associative, etc. Mais il se trouve que plus l'engagement dans cette forme d'activit&#233; militante est ardent et sinc&#232;re, plus il fait perdre de vue le fait que si ces luttes sont n&#233;cessaires, elles ne sont pas suffisantes. En effet elles focalisent toute l'&#233;nergie intellectuelle et morale des militants sur les structures objectivement existantes, les m&#233;canismes &#233;conomiques, la production, l'emploi, le march&#233;, le fonctionnement des institutions, les administrations, les rapports de force, etc., c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233; du monde capitaliste environnant. Et pendant qu'on se pr&#233;occupe d'intervenir le plus efficacement possible &#224; ce niveau-l&#224;, ce qui suffit amplement &#224; mobiliser toute une organisation, on oublie de prendre en compte quelque chose de tout &#224; fait essentiel sociologiquement : le fait que le monde social existe toujours sous deux formes ins&#233;parables, &#224; la fois distinctes et se conditionnant r&#233;ciproquement ; d'une part sous une forme objective (toutes les structures ext&#233;rieures environnantes), d'autre part sous une forme subjective (toutes les structures internes de l'entendement et de la sensibilit&#233;, toutes nos dispositions &#224; percevoir, sentir, penser et agir selon certaines normes et certains mod&#232;les qui nous ont &#233;t&#233; inculqu&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et quand nous parlons du monde social, nous parlons en fait d'une r&#233;alit&#233; double qui est le produit de la rencontre entre des structures objectives externes et des structures subjectives internes, de l'histoire-faite-choses et de l'histoire-faite-personnes. Comme tous les syst&#232;mes sociaux de tous les temps, le syst&#232;me capitaliste fabrique les types de personnalit&#233; dont il a besoin pour fonctionner et se reproduire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui veut dire que chacun(e) d'entre nous est, &#224; des degr&#233;s divers, une cr&#233;ature du syst&#232;me, plus ou moins profond&#233;ment fa&#231;onn&#233;e et actionn&#233;e par sa logique sp&#233;cifique. Mais s'il nous cr&#233;e, en retour nous le cr&#233;ons et recr&#233;ons. Et moins on a conscience de cette action r&#233;ciproque, moins on fait l'effort, tr&#232;s p&#233;nible, de se socioanalyser soi-m&#234;me, plus on est &#224; son insu le jouet du syst&#232;me, le jouet d'un jeu social auquel, m&#234;me quand on d&#233;cide de changer certaines r&#232;gles, on continue &#224; adh&#233;rer par des fibres innombrables et inconscientes. Ainsi, pour donner un exemple connu, les bourgeois qui ont fait la r&#233;volution de 1789, ont d&#233;truit toutes les structures objectives de l'Ancien R&#233;gime. Mais ils ont laiss&#233; subsister le type de personnalit&#233; qu'il leur avait d&#233;j&#224; fa&#231;onn&#233;e : ils ont continu&#233; &#224; se prendre pour une nouvelle aristocratie et &#224; faire une politique de classe au lieu de d&#233;velopper la culture civique r&#233;publicaine en rupture avec les oppositions de classes ant&#233;rieures. On conna&#238;t le r&#233;sultat : ils ont laiss&#233; se reconstituer les pires clivages sociaux, et la pire oppression. Mais il y a beaucoup trop de gens &#224; gauche qui ne l'ont pas encore compris et qui croient qu'on peut changer le syst&#232;me sans lui reprendre la part de nous-m&#234;mes qu'il a ali&#233;n&#233;e, qu'il s'est appropri&#233;e, par exemple cette disposition &#224; adopter la mentalit&#233; de la &#171; gagne &#187;, de la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de la &#171; montre &#187;, de la distinction individualiste, de la rentabilit&#233;, de l'efficacit&#233;, du &#171; r&#233;alisme &#187;, etc., qui a conduit la gauche sociale-d&#233;mocrate &#224; toutes les compromissions.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Il faut arriver &#224; se traiter soi-m&#234;me non pas seulement comme une victime r&#233;volt&#233;e mais comme un instrument du syst&#232;me qui s'ignore. C'est p&#233;nible, mais c'est la seule voie pour cesser d'&#234;tre instrumentalis&#233; et de contribuer &#224; instrumentaliser les autres, comme le font malheureusement aujourd'hui trop d'agents des classes moyennes, parfois avec les meilleures intentions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Que pr&#233;conisez-vous pour nous affranchir du syst&#232;me capitaliste qui oppresse la soci&#233;t&#233; si toute initiative de solidarit&#233; ne produit que l'inverse de ce qu'elle recherche parce qu'elle est le fait des classes moyennes ? Y a-t-il de l'espoir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Personne ne poss&#232;de la formule magique pour r&#233;ussir un changement r&#233;volutionnaire. Mais il y a des enseignements de l'exp&#233;rience &#224; retenir et des fautes &#224; &#233;viter. Dans la logique de ce que je viens de dire pr&#233;c&#233;demment, il y a deux points qui me paraissent d'une importance capitale, ou si l'on pr&#233;f&#232;re deux conditions essentielles qui doivent &#234;tre remplies, compte tenu que les autres conditions sont remplies du fait m&#234;me de l'&#233;tat ind&#233;passable de contradiction dans lequel le syst&#232;me capitaliste s'est enferr&#233;. La premi&#232;re condition est d'ordre politique : il n'y aura jamais de changement r&#233;ellement d&#233;mocratique viable sans une mobilisation et une participation effectives et durables des classes populaires qu'il faut cesser de traiter comme une simple masse de man&#339;uvre &#233;lectorale, manipulable &#224; merci, des citoyens au rabais. Ce qui suppose l'existence d'organisations de masse et de classe (parti, syndicat, mouvement, etc.) travaillant &#224; la conscientisation-r&#233;insertion des classes populaires dans la lutte politique (parlementaire ou non), et &#224; leur alliance (et non &#224; leur subordination) avec les fractions les plus radicales de la classe moyenne. Cette condition est, semble-t-il, de mieux en mieux per&#231;ue, comme en t&#233;moigne la tentative amorc&#233;e par le NPA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me condition est d'ordre id&#233;ologique. C'est la plus difficile parce qu'elle suppose une conversion en profondeur de la d&#233;marche militante : au lieu de s'en tenir &#224; une vision rassurante du syst&#232;me comme ensemble de structures objectives ext&#233;rieures &#224; soi-m&#234;me, il faut s'interroger en permanence sur la place prise par le syst&#232;me (sa psychologie, sa morale, sa culture) &#224; l'int&#233;rieur de nous-m&#234;mes et donc dans la production conformiste de nos pens&#233;es et de nos actes en toutes circonstances. Il faut arriver &#224; se traiter soi-m&#234;me non pas seulement comme une victime r&#233;volt&#233;e mais comme un instrument du syst&#232;me qui s'ignore. C'est p&#233;nible, mais c'est la seule voie pour cesser d'&#234;tre instrumentalis&#233; et de contribuer &#224; instrumentaliser les autres, comme le font malheureusement aujourd'hui trop d'agents de la classe moyenne, parfois avec les meilleures intentions du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des d&#233;cennies d'h&#233;g&#233;monie petite-bourgeoise ont mis le &#171; peuple de gauche &#187; dans un piteux &#233;tat. Mais en mati&#232;re de r&#233;volution, &#171; tant qu'il y a de la lutte, il y a de l'espoir &#187;. De la lutte, pas de la collaboration de classes. Cela exige que chacun dise clairement ce qu'il veut combattre, et jusqu'o&#249;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par C&#233;dric lefebvre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Si vous voulez r&#233;agir &#224; cette interview, le d&#233;bat est ouvert dans cette rubrique Opinions, &#233;crivez &#224; &lt;a href='mailto:dynamo@apeas.fr' class='spip_mail'&gt;dynamo@apeas.fr&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous avez appr&#233;ci&#233; cette interview, lisez &lt;a href='http://blog.agone.org/category/La-chronique-d-Alain-Accardo' class='spip_out' rel='external'&gt;la chronique d'Alain Accardo&lt;/a&gt; chez Agone.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il tient &#233;galement une chronique dans le journal &lt;a href='http://www.ladecroissance.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;La D&#233;croissance&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour en savoir plus sur Alain Accardo, ses publications ses interviews, visitez la page que lui consacre &lt;a href='http://www.homme-moderne.org/societe/socio/accardo/index.html' class='spip_out' rel='external'&gt;le Magazine de l'Homme moderne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;Une nouvelle forme de mondialisation fond&#233;e sur la relocalisation des &#233;conomies&quot;</title>
		<link>http://www.apeas.fr/Une-nouvelle-forme-de.html</link>
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		<dc:date>2009-07-04T14:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>



		<description>Juin 2009 Le printemps pour une &#233;conomie &#233;quitable a lieu du 21 mars au 21 juin 2009, sur le mot &#171; Sortie de crise : construisons une &#233;conomie qui nous rassemble ! &#187;. Il est port&#233; par des acteurs aux activit&#233;s diff&#233;rentes, agriculture bio, coop&#233;rative d'activit&#233; et d'emploi, production audio-visuelle et label de musique ind&#233;pendants... Entretiens avec Emmanuel Antoine, pr&#233;sident de Minga. Vous tissez des liens nouveaux avec d'autres partenaires que les traditionnels acteurs du commerce &#233;quitable, (...)

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&lt;a href="http://www.apeas.fr/-Opinions-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juin 2009
&lt;br /&gt;Le printemps pour une &#233;conomie &#233;quitable a lieu du 21 mars au 21 juin 2009, sur le mot &#171; Sortie de crise : construisons une &#233;conomie qui nous rassemble ! &#187;. Il est port&#233; par des acteurs aux activit&#233;s diff&#233;rentes, agriculture bio, coop&#233;rative d'activit&#233; et d'emploi, production audio-visuelle et label de musique ind&#233;pendants... Entretiens avec Emmanuel Antoine, pr&#233;sident de Minga.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2168 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:240px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L240xH320/emmanuel_antoine-13289.jpg' width='240' height='320' alt=&quot;&quot; style='height:320px;width:240px;' /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous tissez des liens nouveaux avec d'autres partenaires que les traditionnels acteurs du commerce &#233;quitable, pourquoi ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous avons toujours consid&#233;r&#233; que la question d'un commerce &#233;quitable est un enjeu de soci&#233;t&#233; qui d&#233;passe de loin les acteurs qui s'en r&#233;clament.
&lt;br /&gt;Lors des travaux de la commission de l'Afnor sur la question d'un label &#171; commerce &#233;quitable &#187;, Minga s'est oppos&#233; &#224; la marchandisation de la garantie tel que le fait Flo-cert (Max Havelaar) ou Ecocert (label AB). Nous consid&#233;rons qu'on peut avoir des syst&#232;mes de contr&#244;le qui ne soient pas uniquement r&#233;gul&#233;s par le march&#233;, mais d'abord par la mobilisation concr&#232;te des parties prenantes d'une fili&#232;re commerciale (clients, fournisseurs, travailleurs). Des liens &#233;troits avec Nature et Progr&#232;s existent depuis ces travaux, il nous ont aid&#233; &#224; m&#251;rir notre r&#233;flexion sur la question des normes et des garanties. &lt;br /&gt;Tout comme Nature et Progr&#232;s, nous &#339;uvrons pour la reconnaissance des syst&#232;me s de garantie participatifs. C'est pour cela qu'&#224; Minga, nous &#233;laborons un Syst&#232;me de garantie d'am&#233;lioration participatif (SGAP).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi le projet de Minga converge-t-il avec celui de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous sommes proches de la Conf&#233;d&#233;ration Paysanne, notamment depuis 2008, lorsque nous avons men&#233; ensemble une p&#233;tition intitul&#233;e &#171; Pour un commerce &#233;quitable partout, changeons la loi &#187; au moment o&#249; l'UMP a l&#233;gif&#233;r&#233; sur le commerce &#233;quitable en le r&#233;duisant aux rapports Nord-Sud.
&lt;br /&gt;Pour nous la question prioritaire n'est pas de d&#233;velopper la bio ou le commerce &#233;quitable, mais de r&#233;pondre &#224; des enjeux internationaux comme la souverainet&#233; alimentaire et de la pr&#233;servation de la biodiversit&#233;. C'est sur l'&#233;nonc&#233; de ces priorit&#233;s que nous convergeons avec la conf&#233;d&#233;ration paysanne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le positionnement de Minga a donc chang&#233; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Aujourd'hui, le d&#233;bat sur le commerce &#233;quitable est &#233;puis&#233;. Les acteurs du
commerce &#233;quitable qui privil&#233;gient la logique marketing, fut-elle &#171; &#233;thique &#187;, &#171; &#233;quitable &#187; ou &#171; solidaire &#187; ne veulent pas de d&#233;bats, ils veulent &#233;largir la &#171; cible &#187; commerciale. Or nous avons toujours consid&#233;r&#233; que l'optimisation des moyens commerciaux r&#233;-interroge forc&#233;ment les finalit&#233;s poursuivies. R&#233;duire la question du commerce &#233;quitable &#224; l'achat de produits &#171; logotis&#233;s &#187;, en grande surface, par la promotion d'une marque, est en contradiction totale avec la nature des engagements des membres de Minga.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Aujourd'hui, le d&#233;bat sur le commerce &#233;quitable est &#233;puis&#233;&quot;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise alimentaire de 2007 a &#233;t&#233; l'occasion d'une clarification salutaire. &#192; titre d'exemple, quand, lors des &#233;meutes de la faim en Tha&#239;lande, les rizi&#232;res produisant du riz basmati certifi&#233; bio et &#233;quitable &#233;taient gard&#233;es par l'arm&#233;e pour les prot&#233;ger des populations affam&#233;es, il y a de quoi s'interroger sur le sens du mot &#233;quit&#233;.
Coinc&#233; entre le marketing et un discours militant n&#233;o-paternaliste, le commerce &#233;quitable &#233;tait source de confusion.
&lt;br /&gt;On a donc r&#233;actualis&#233; le positionnement de Minga qui est maintenant &#171; agir ensemble pour une &#233;conomie &#233;quitable &#187;. Cela traduit notre volont&#233; de cr&#233;er des liens forts avec des univers qui se c&#244;toyaient peu, les commer&#231;ants, les paysans, les artisans, les salari&#233;s, tout comme l'initie le Collectif du Printemps pour une Economie &#233;quitable.
Ce n'est pas la peur, ni la compassion qui motive nos engagements, mais bien l'&#233;laboration d'un projet de soci&#233;t&#233; port&#233; sur la conqu&#234;te de droit et des libert&#233;s. Nous nous assumons pleinement comme des acteurs Politique tout en &#233;tant une organisation professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commerce &#233;quitable n'est donc pas un secteur d'activit&#233; mais une d&#233;marche ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour Minga le commerce &#233;quitable n'a jamais &#233;t&#233; un objectif mais un moyen parmi d'autres de r&#233;interroger le mod&#232;le &#233;conomique mondial dominant. Pour nous il n'existe pas un mais plusieurs commerces &#233;quitables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;cririez-vous l'&#233;conomie &#233;quitable ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un projet qui vise a &#233;laborer une r&#233;gulation citoyenne de l'&#233;conomie l&#224; o&#249; le rapport capital/travail et l'intervention des &#201;tats n'y suffisent pas (si tant est qu'il le souhaitent). Une r&#233;gulation, non pas pour maintenir un ordre social dominant, mais qui participe d'une nouvelle forme de mondialisation fond&#233;e sur la relocalisation des &#233;conomies.
&lt;br /&gt;L'&#233;conomie &#233;quitable, c'est une d&#233;marche de coh&#233;rence entre les objectifs sociaux et &#233;cologiques que l'on d&#233;fend, les moyens commerciaux que l'on choisit et les modes de consommation que l'on adopte.
Le commerce &#233;quitable nous divise, l'&#233;conomie &#233;quitable nous rassemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;propos recueillis par C&#233;dric Lefebvre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuel Antoine&lt;/strong&gt; est pr&#233;sident de &lt;a href='http://www.minga.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;Minga&lt;/a&gt;, fondateur de &lt;a href='http://www.quatre-mats.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Quatre M&#226;ts D&#233;veloppement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2169 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:240px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L240xH136/minga-f5c6f.jpg' width='240' height='136' alt=&quot;&quot; style='height:136px;width:240px;' /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus consultez :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.minga.net/spip.php?article244' class='spip_out' rel='external'&gt;L'Appel pour un Printemps pour une &#233;conomie &#233;quitable 2009&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.printemps-economie-equitable.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;Le blog du Printemps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;Tous les paniers ne sont pas solidaires&quot;</title>
		<link>http://www.apeas.fr/Tous-les-paniers-ne-sont-pas.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>


		<dc:subject>agriculture</dc:subject>
		<dc:subject>commerce &#233;quitable</dc:subject>

		<description>Des paniers de l&#233;gumes &#224; toutes les sauces. Les distributions de paniers de l&#233;gumes se multiplient, dans les trains, dans les magasins, dans les entreprises... Effectivement ce sont des initiatives individuelles de la part d'associations ou d'entreprises, chacun y mettant ses sp&#233;cificit&#233;s. Parfois c'est un service suppl&#233;mentaire pour les clients que l'entreprise choisit de prendre en charge. Par exemple la SNCF a mis en place des livraison de paniers en gare de Gardanne pour renforcer son image (...)

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&lt;a href="http://www.apeas.fr/+-agriculture-+.html" rel="tag"&gt;agriculture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.apeas.fr/+-commerce-equitable,55-+.html" rel="tag"&gt;commerce &#233;quitable&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des paniers de l&#233;gumes &#224; toutes les sauces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2274 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:130px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L130xH192/arton1442-c3ccb-3e078.jpg' width='130' height='192' alt=&quot;Ga&#233;tan Vall&#233;e&quot; title=&quot;Ga&#233;tan Vall&#233;e&quot; style='height:192px;width:130px;' /&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_titre&quot;&gt;Ga&#233;tan Vall&#233;e&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les distributions de paniers de l&#233;gumes se multiplient, dans les trains, dans les magasins, dans les entreprises...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Effectivement ce sont des initiatives individuelles de la part d'associations ou d'entreprises, chacun y mettant ses sp&#233;cificit&#233;s. Parfois c'est un service suppl&#233;mentaire pour les clients que l'entreprise choisit de prendre en charge. Par exemple la SNCF a mis en place des livraison de paniers en gare de Gardanne pour renforcer son image environnementale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce une bonne nouvelle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Oui et non. Ce sont des cr&#233;ations d'activit&#233;s parmi d'autres et c'est int&#233;ressant que les entreprises s'int&#233;ressent &#224; l'agriculture paysanne. Mais contrairement aux Amap, il y a un interm&#233;diaire, qui se prend &#233;videmment sa marge.
&lt;br /&gt;La multiplication des syst&#232;mes de paniers am&#232;ne de nombreux consommateurs &#224; penser que tous se valent, qu'amap, paniers bio, paniers paysans... c'est la m&#234;me chose, or l'engagement envers le paysan n'est pas le m&#234;me. Ces syst&#232;mes ne donnent aucune garantie sur les conditions de travail de l'agriculteur, qui peut subir des pressions sur ses prix comme dans les circuits classiques avec les march&#233;s de gros.
La notion de circuit court indique un faible nombre ou l'absence d'interm&#233;diaires. La vente directe indique l'absence d'interm&#233;diaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne faut-il y voir que des d&#233;marches opportunistes qui maintiennent les gens dans le consum&#233;risme ambiant ?&lt;/strong&gt;
Ces syst&#232;mes peuvent &#234;tre tr&#232;s opportunistes, ils permettent rarement un engagement solidaire entre consommateurs et paysans. Si la proximit&#233; g&#233;ographique est souvent r&#233;elle, la garantie de revenus pour le producteur est floue. Il n'y a aussi pas ou peu de relations directes entre les consommateurs et les producteurs donc peu ou pas de transparence sur la production, &#224; la limite une photo sur un site internet (le symbole d'une logique marketing...). L'absence de contrat d'engagement dans la dur&#233;e, remplac&#233; par de simples commandes hebdomadaires ne permet pas non plus de solidarit&#233; dans les al&#233;as de la production, ni de garanti de distribution non plus. En g&#233;n&#233;ral ce ne sont pas des syst&#232;mes solidaires, ce n'est pas de l'&#233;conomie solidaire. &#192; l'inverse il existe des Amap dans certaines entreprises, avec un vrai syst&#232;me de solidarit&#233;. &lt;strong&gt;En r&#233;sum&#233; quels sont les crit&#232;res &#224; retenir pour des paniers de l&#233;gumes solidaires ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Je dirais :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; relation directe entre le producteur et le consommateur, qui permet la - transparence et l'absence d'interm&#233;diaires
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le pr&#233;-paiement des paniers, qui permet de partager les al&#233;as de la production entre consommateur et producteur,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la proximit&#233; g&#233;ographique, sociale, humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Propos recueillis par C&#233;dric Lefebvre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &quot;L'&#233;conomie solidaire est souvent pionni&#232;re&quot;</title>
		<link>http://www.apeas.fr/L-economie-solidaire-est-souvent.html</link>
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		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>



		<description>Mai 2009 Dans un entretien dans le n&#176;58 de La Dynamo, Alain Caill&#233;, fondateur de la revue du Mauss, pointait une inconsistance de l'&#233;conomie solidaire, qui, comme l'&#233;conomie classique, pr&#233;tend reposer sur une r&#233;alit&#233; &#233;conomique forte alors qu'elle se d&#233;finit avant tout comme un projet politique. Il est vrai que l'&#233;conomie solidaire a une tendance forte &#224; se d&#233;velopper par ses outils techniques au d&#233;triment de sa dimension politique. Doit-elle rester un laboratoire d'innovations ensuite reprises par le (...)

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&lt;a href="http://www.apeas.fr/-Opinions-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mai 2009
Dans un entretien dans le n&#176;58 de La Dynamo, Alain Caill&#233;, fondateur de la revue du Mauss, pointait une inconsistance de l'&#233;conomie solidaire, qui, comme l'&#233;conomie classique, pr&#233;tend reposer sur une r&#233;alit&#233; &#233;conomique forte alors qu'elle se d&#233;finit avant tout comme un projet politique. Il est vrai que l'&#233;conomie solidaire a une tendance forte &#224; se d&#233;velopper par ses outils techniques au d&#233;triment de sa dimension politique. Doit-elle rester un laboratoire d'innovations ensuite reprises par le march&#233; ou l'&#201;tat ou doit-elle d&#233;velopper des mod&#232;les &#233;conomiques autonomes et alternatifs &#224; l'&#233;conomie lucrative ?
Nous avons voulu recueillir l'avis de Laurent Gardin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2275 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:180px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L180xH240/laurent_gardin-b0f42-22fcf.png' width='180' height='240' alt=&quot;&quot; style='height:240px;width:180px;' /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre activit&#233; &#233;conomique et dimension politique, o&#249; se situe l'&#233;conomie solidaire selon vous ?&lt;/strong&gt;
Le jeu est tendu mais je ne pense pas qu'on puisse dire qu'elle est avant tout sur le terrain politique. L'&#233;conomie solidaire a vraiment les deux dimensions, elle allie activit&#233; &#233;conomique et aspiration politique. La cantonner &#224; sa seule dimension politique conduit &#224; donner au march&#233; seul une l&#233;gitimit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les initiatives d'&#233;conomie solidaire se d&#233;veloppent dans une grande pr&#233;carit&#233;, les acteurs ne vivent-ils pas des miettes du service public qui se d&#233;lite progressivement ?&lt;/strong&gt;
Certes les collectivit&#233;s locales et l'&#201;tat ont tendance &#224; externaliser des services aupr&#232;s d'acteurs priv&#233;s, mais je ne pense pas que l'&#233;conomie solidaire se r&#233;duise &#224; &#231;a. Elle a une capacit&#233; politique &#224; faire &#233;merger de nouvelles activit&#233;s, qui ne sont prises en charge ni par le march&#233; ni par l'&#201;tat. De nombreux services autour de l'environnement ont &#233;merg&#233; dans l'&#233;conomie solidaire : r&#233;cup&#233;ration, transports alternatifs&#8230; Cela am&#232;ne &#224; faire bouger les entreprises et l'&#201;tat par rapport &#224; l'&#233;cologie. L'&#233;conomie solidaire est souvent pionni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les valeurs qui fondent ces initiatives ont du mal &#224; perdurer quand elles se d&#233;veloppent...&lt;/strong&gt;
Effectivement la dimension politique est importante &#224; faire perdurer dans le temps. On voit que ces initiatives &#233;mergent dans la r&#233;ciprocit&#233; et la solidarit&#233;, mais une fois qu'elles se consolident comment cela perdure ? Quelles tensions entre la r&#233;ciprocit&#233;, la solidarit&#233;, d'une part et le march&#233; et le secteur public d'autre part ? Comme le montre l'institutionnalisation progressive de l'&#233;conomie sociale, une d&#233;rive marchande peut appara&#238;tre tout comme une tendance &#224; devenir sous-traitant du service public sans capacit&#233; &#224; l'interpeller politiquement. Par exemple, certaines banques ayant des statuts de l'&#233;conomie sociale se comportent comme les banques capitalistes dans leur investissement se positionnant sur les march&#233;s financiers sans aucune r&#233;f&#233;rence aux fondements de l'&#233;conomie sociale.
Pour pr&#233;server la dimension politique il faut trouver les moyens de faire perdurer la solidarit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; &#224; l'origine des projets d'&#233;conomie solidaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire ?&lt;/strong&gt;
Le d&#233;bat est salutaire, il faut le faire vivre. On le retrouve plus difficilement dans le secteur public et encore moins dans le secteur priv&#233;, c'est le r&#244;le de l'&#233;conomie solidaire de questionner sans-cesse. Je rejoins ici Alain Caill&#233; quand il dit que la dimension politique est fondamentale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le r&#244;le de l'Institut Polanyi France ?&lt;/strong&gt;
L'institut Polanyi France est un espace vraiment int&#233;ressant de rencontre entre les acteurs de l'&#233;conomie sociale et de l'&#233;conomie solidaire mais aussi du monde de la recherche. Un espace int&#233;ressant pour r&#233;injecter du sens dans les pratiques. J'ai particip&#233; &#224; un d&#233;bat sur l'entreprise sociale o&#249; on d&#233;celait un r&#233;el int&#233;r&#234;t, notamment des acteurs mutualistes, de se repositionner sur leur projet politique et sortir des d&#233;rives gestionnaires et techniciennes qu'ils connaissent, tout en essayent d'associer les deux objectifs de bonne gestion et de sens politique. C'est vraiment un point central auquel se confrontent aussi les initiatives d'&#233;conomie solidaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Propos recueillis par C&#233;dric Lefebvre&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Gardin&lt;/strong&gt; est &#233;conomiste, enseignant &#224; l'Universit&#233; de Valenciennes, chercheur &#224; R&#233;seau 21 et au Lise-CNRS, auteur de Les initiatives solidaires, La r&#233;ciprocit&#233; face au march&#233; et &#224; l'&#201;tat, (pr&#233;face de Guy Roustang), &#201;r&#232;s, 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;seau 21&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://reseau21.univ-valenciennes.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://reseau21.univ-valenciennes.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Institut Polanyi&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le manifeste &#171; Vers une responsabilisation politique de la soci&#233;t&#233; civile intellectuelle, associative, coop&#233;rative et mutualiste &#187; est &#224; signer sur &lt;a href='http://www.institutpolanyi.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.institutpolanyi.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&quot;Penser les conditions de l'autonomisation d'une vraie soci&#233;t&#233; civile&quot;</title>
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		<dc:date>2009-03-04T15:17:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>C&#233;dric Lefebvre</dc:creator>



		<description>Mars 2009 Le 29 janvier, jour de manifestations nationales contre la politique de pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e men&#233;e en France, nous avons profit&#233; de la pr&#233;sence d'Alain Caill&#233; &#224; Marseille, invit&#233; par Spyros Theodorou &#224; tenir une conf&#233;rence pour le Conseil G&#233;n&#233;ral 13 sur le th&#232;me &#171; D&#233;mocratie, individualisme et/ou parcellitarisme &#187;. Voyez-vous le d&#233;veloppement et la consolidation des initiatives solidaires comme autant d'alternatives cr&#233;dibles ? L'identit&#233; de l'&#233;conomie solidaire ne va pas de soi. Quelque (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2166 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:300px;'&gt;
&lt;img src='http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L300xH305/alain_caille-db137.png' width='300' height='305' alt=&quot;Alain Caill&#233;&quot; title=&quot;Alain Caill&#233;&quot; style='height:305px;width:300px;' /&gt; &lt;span class=&quot;spip_document_titre&quot;&gt;Alain Caill&#233;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mars 2009
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le 29 janvier, jour de manifestations nationales contre la politique de pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e men&#233;e en France, nous avons profit&#233; de la pr&#233;sence d'Alain Caill&#233; &#224; Marseille, invit&#233; par Spyros Theodorou &#224; tenir une conf&#233;rence pour le Conseil G&#233;n&#233;ral 13 sur le th&#232;me &#171; D&#233;mocratie, individualisme et/ou parcellitarisme &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voyez-vous le d&#233;veloppement et la consolidation des initiatives solidaires comme autant d'alternatives cr&#233;dibles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'identit&#233; de l'&#233;conomie solidaire ne va pas de soi. Quelque chose ne tient pas dans le concept m&#234;me. Autant il y a une auto-consistance de l'&#233;conomie classique, qui repose effectivement sur une r&#233;alit&#233; &#233;conomique, autant l'&#233;conomie solidaire se leurre en croyant reposer elle aussi sur une r&#233;alit&#233; &#233;conomique alors qu'elle se situe d'abord sur un terrain politico-id&#233;ologique. L'&#233;conomie solidaire vit essentiellement de l'&#233;miettement de l'&#201;tat et du service public. C'est un concept qui fonctionne bien &#224; titre de slogan pas comme concept proprement &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant beaucoup de gens, chercheurs et militants, voient dans les initiatives solidaires l'&#233;mergence de mod&#232;les &#233;conomiques qui gagnent en autonomie et peuvent devenir des alternatives cr&#233;dibles ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Certes, mais les recherches sur l'&#233;conomie solidaire ont une approche trop technicienne, administrative et finalement canonique. J'ai un d&#233;bat avort&#233; &#224; ce sujet avec Jean-Louis Laville. Par exemple avec &#171; l'hybridation des ressources &#187;, on cherche &#224; mesurer la part de subventions, de l'autofinancement, l'apport du b&#233;n&#233;volat... c'est une lecture n&#233;cessaire mais tr&#232;s technique des initiatives solidaires. Ce qui m'int&#233;resse plus ce sont les gens qui sont dedans et leur &#233;thique et leurs id&#233;es politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlerez ce-soir des ambigu&#239;t&#233;s de l'individualisme...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;On &#233;value aujourd'hui la d&#233;mocratie &#224; la libert&#233; de l'individu et on voit dans l'individualisme l'indice que l'on est loin du totalitarisme. Or je pense qu'il faut repenser le rapport de l'individualisme &#224; la d&#233;mocratie d'une part et au totalitarisme d'autre part. L'individualisme contemporain est ambivalent, il est &#224; la fois l'exact contraire du totalitarisme - qui fait dispara&#238;tre les singularit&#233;s - mais il est aussi tellement son contraire qu'il enferme les individus sur eux m&#234;mes en les coupant du corps social. L'individualisme actuel se situe plut&#244;t du cot&#233; du &#171; parcellitarisme &#187;, c'est-&#224;-dire de la fragmentation de tout ce qui est de l'ordre du collectif et du commun. Les r&#233;sistances se situent elles plut&#244;t du c&#244;t&#233; de la collectivit&#233;. La question est bien de r&#233;inventer des collectivit&#233;s qui n'effacent pas l'individu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne revient pas sur les impasses du capiltalisme, la crise financi&#232;re en est une bonne illustration, voyez vous des perspectives de changement se d&#233;gager ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Nous devons penser les conditions de l'autonomisation d'une vraie soci&#233;t&#233; civile par rapport &#224; l'&#201;tat, aux partis et au march&#233;. Sachant que le mouvement associatif n'est pas naturellement vertueux et qu'il n'y aura pas de regain d&#233;mocratique sans lutte contre les in&#233;galit&#233;s et pour les droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lesquels par exemple ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La soci&#233;t&#233; est trop travailliste. Il faut remettre sur la sc&#232;ne le d&#233;bat sur un revenu minimum d'existence et un revenu maximum acceptable. J'aimerais que l'on arrive &#224; sur une formulation commune sur un revenu minimum g&#233;n&#233;reux, sans contr&#244;le, non r&#233;vocable avec une autorisation structurelle de cumul avec d'autres revenus. La France pr&#233;caris&#233;e ne parle pas, elle n'a quasiment pas de portes parole. Dans les institutions et les entreprises le patriarcat domine. Si la question du revenu minimum ne passe pas c'est parce que l'on craint l'usage qu'en feraient les habitants des cit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le les intellectuels peuvent-ils jouer aupr&#232;s des acteurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il est fondamental de recr&#233;er des espaces communs entre le monde intellectuel et le mouvement associatif et mutualiste. A plusieurs &#233;gards le 21e si&#232;cle d&#233;butant ressemble au 19e si&#232;cle, l'oppression de la population est comparable, m&#234;me s'il s'agit aujourd'hui davantage d'une violence symbolique.
Avec des amis nous avons cr&#233;&#233; l'Institut Polanyi France, un espace de rencontre entre intellectuels et acteurs pour repolitiser le mouvement associatif et mutualiste. Nous l'avons inscrit sous l'autorit&#233; morale de Karl Polanyi, qui avec Marcel Mauss fait figure de p&#232;re fondateur de l'&#233;conomie solidaire.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Caill&#233;&lt;/strong&gt; est sociologue, enseignant professeur &#224; l'Universit&#233; de Paris X. Il a fond&#233; en 1981 le MAUSS, Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales, et dirige la revue du MAUSS (&#233;d. La D&#233;couverte).
&lt;a href='http://journaldumauss.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://journaldumauss.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Institut Polanyi&lt;/strong&gt;
Le manifeste &#171; Vers une responsabilisation politique de la soci&#233;t&#233; civile intellectuelle, associative, coop&#233;rative et mutualiste &#187; est &#224; signer sur
&lt;a href='http://www.institutpolanyi.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.institutpolanyi.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cycle de conf&#233;rences du CG13 &#201;changes et diffusions des savoirs&lt;/strong&gt;
programme &#224; t&#233;l&#233;charger &lt;a href='http://www.cg13.fr/cadre-de-vie/culture/conferences.html' class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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