Juin 2014

Végétalisation des rues : le bonheur est dans le pré... même sur un trottoir

Avant d’être un « acte écologiste » végétaliser c’est finalement se faire du bien et être ensemble. Si c’était ça le Green Power : du collectif qui fait du bien ?

Une problématique bien ancienne.

« On devrait construire les villes à la campagne, l’air y est plus pur  » cette phrase faussement attribuée à Alphonse Allais ou Henry Monnier, reflète un problème intrinsèque de la ville qui est de ne pas être la campagne ! Hélas, c’est là que se trouve les opportunités d’emploi, c’était vrai lors de l’exode rural et c’est encore vrai aujourd’hui (Cf. « La France en face » de H. Nancy et J-R. Viallet).

Du coup, on essaie l’inverse, ramener la campagne dans la ville. Le concours des villes et villages fleuries existe depuis 1959 et si l’esprit est un peu différent de la végétalisation d’aujourd’hui, au final, il s’agit toujours de mettre du vert dans nos villes.

Les premiers à Marseille

Qui de la rue des Pots bleus à la Cabucelle ou de la rue de l’Arc pourrait se prévaloir d’être la première rue végétalisée de Marseille ? La question n’a pas vraiment d’importance mais retenons que cela fait bientôt 15 ans que ces démarches existent dans la capitale phocéenne et qu’il faut bien admettre qu’elles sont plutôt discrètes. Il n’y a guère que depuis deux ou trois ans que l’on commence à en entendre parler davantage et que cette démarche est revendiquée parfois comme un acte citoyen fort.

Pourtant, quand on discute avec les intéressés, ça à l’air facile, sympa, convivial, citoyen même... Bref, le « green power » semble puissant. Alors qu’en est-il ? Habitant de la rue Sénac, végétalisée depuis 2012, nous avons voulu essayer de montrer quels étaient vraiment les effets de la végétalisation d’une rue sur ses habitants, dans le cadre d’un mémoire de Master 2 de science humaine. Pour cela nous avons commencé par demander ce que cela évoquait dans leurs esprits !

Premiers résultats de la première enquête.

Grâce au relais d’associations ou collectifs tels que : Vert dans ta rue, Passe jardins, Libre chemins, Passeurs de Jardins, Jardinons au Panier, l’APEAS, PILES... nous avons pu récolter près de 50 réponses qui permettre une première approche de la représentation sociale de la végétalisation. La technique utilisée d’évocation libre hiérarchisée, demande à chacun d’associer spontanément cinq mots à la végétalisation et de les ranger ensuite par ordre d’importance. Par le traitement du rang moyen et de la fréquence des mots (regroupés en champs lexicaux), on peut avoir une première idée de la représentation sociale. Notamment, ce qui serait central ou périphérique.

Voici donc, comment les personnes interrogées (qui habitent toutes dans une rue végétalisées ou proche) voient la végétalisation d’une rue. Collectif, Bien-être seraient donc central, c’est-à-dire, tout le monde serait d’accord sur ces mots et sans cela une rue végétalisée ne serait pas reconnue comme telle.

Une démarche faite par un seul individu, sans élan collectif (c’est une hypothèse de travail) ne serait sans doute pas spontanément considérée comme une végétalisation. La nature et l’implication citoyenne, sont présentes également mais en périphérie. C’est important mais pas aussi identitaire.

L’ensemble des éléments identifiés se répartit comme cela :

Voir plus loin...

Le bien-être est donc un concept central. Des recherches, assez nombreuses maintenant, montrent que la présence d’espaces verts améliorent le bien-être, voire la santé des gens (S. Manusset « Impacts psycho-sociaux des espaces verts dans les espaces urbains ») Ces recherches n’expliquent pas pourquoi la nature nous fait du bien, mais ça marche. Même l’image de la verdure (en poster par exemple) serait bénéfique. Mais les rues végétalisées provoquent-elles réellement le même effets qu’un parc ou jardin ? Pour le savoir nous menons actuellement une deuxième enquête pour évaluer la qualité de vie des habitants de rue végétalisées ou non végétalisées dans une même zone comprise entre le Chapitre, Noailles et le Camas.

Vous êtes évidement les bienvenus pour répondre à ces quelques questions . _ Merci d’avance.

Frédéric Bœuf-Salor
06 24 61 10 65

Mis à jour : vendredi 11 juillet 2014
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