Un attentat à la joie sur le Cours Julien


Un vent de liberté a soufflé le samedi 8 octobre sur le Cours Julien en plein coeur de Marseille. Ce jour là un collectif d’une centaine de personnes a décidé de réinvestir la rue afin d’y faire un "attentat à la joie" ! Voici leur communiqué :

"Késako ? Quoi ?

50 personnes enjouées balayent le Cours Julien (Marseille) en ce samedi 8 octobre 10h, nettoient la fontaine de ces déchets, posent moquettes et coussins, accrochent pancartes "il était une fois...", "espace peinard", et sculptures aux arbres, partagent croissants et café, dans la belle humeur spontanée, sans se préoccuper des 3 cars de CRS garés 2 rues à côté...

"Pourquoi ?" demandent les badauds assis aux terrasses des cafés.
Réponse : "Un évènement impromptu se prépare."

Quelle asso ?

Sourire :) "pas d’asso, juste plein d’gens comme vous et moi qui veulent réinvestir la rue pour y infuser d’la Vie et d’la Joie !"

Un attentat à la Joie en plein cœur de Marseille. Un attentat en mode spontanée en dehors des systèmes tortueux et plombant de l’administration, sans subvention, sans même aucune autorisation, organisé par nous-mêmes, un collectif insensé qui a grossi au fil des mois de quelques uns à plus d’une centaine...Collectif non cerné, non cernable, où chacun y ajoutait sa touche à la volée, se mêlait à l’affaire et la quittait quand l’envie la piquait... ! :) Collectif auto-géré, auto subventionné, en mode système D, où partage et force solidaire ont cimenté cohésion et souplesse de la collectivité, et ont ensemencé son levain d’une hallucinante créativité... !!!! :)

Un attentat à la Joie dans notre cité phocéenne ? c’est quoi ?

Un "espace peinard" où la crieuse égrène les lettres d’amour, poèmes et coups d’gueule écrits par les gens , un espace "il était une fois" où conteurs et conteuses font rêver petits et grands, une fanfare de cuivre qui fait danser les passants, une bouffe de rue des mets les plus exquis qui rassasiaient les participants...une chorale qui t’enchante et te fait rire, une police de l’amour (la Love Police) qui assuraient la sécurité de l’évènement (Messieurs Dames, contrôle d’identité ! Avez vous vos sourires et vos bisous sur vous ?"), un collectif de gestion des déchets et des mégots sur la place...un lâché de clowns, des initiations au bal folk, un troc de fringues, des grands mères qui passaient par là avec des sourires jusque là, des gamins qui courent partout et repeignent de couleurs le goudron gris de la cours, pas d’alcool, mais des tisanes de fleurs sauvages offertes gracieusement, des sketchs engagés où la Love Police embarque le politique au lieu du dissident, pour une peine à purger, dans le village des beatniks d’à côté !

Et les CRS étaient là. 1 car sur la place, 3 cars sur la place d’à côté, 1 car en bas des escaliers...de loin, ils ont observés...ils nous ont observés rire et chanter, danser, discuter, écouter, échanger...Pas d’intervention. Pas même un contrôle d’identité. Sans doute qu’une intervention au milieu des grands-mères avec la banane plaquée jusque là et de toutes les caméras auraient fait mauvaise presse auprès du nouveau préfet...

Notre troupe de troubadours a rassemblé quelques centaines de gens, des gamins, des parents, des grand-parents, plein d’habitants, surpris et ravis de cette initiative collective en marge des fêtes organisées à gros sous sur grosses scènes qui crachent des gros sons et te pourrissent les tympans...Au fil des heures, de nouveaux artistes venaient investir la place, le programme préétabli a dû s’alanguir de quelques souplesses pour répondre à cet espace mouvant, des artistes organisateurs ou impromptus, aux passants, chacun est venu ajouter sa touche pour co-créer l’évènement !

Et c’est dans une ronde immense, à la nuit tombée, de quelques centaines de gens, au rythme des violons et accordéons, que s’est bouclé la fête, d’un pas de danse rythmé, enchanté, encore maladroit, mais emporté par la vibes intense et pleine, pleine de la chaleur enluminée de tous ces danseurs, scellant d’un sceau de joie la ronde des habitants de cette cité phocéenne sur notre Terre Mère, Gaïa Urantia !

Que cet vibes vienne vous infuser Confiance et Joie...Imprégnez-vous en et rayonnez là !"

Le Collectif de Ramène ta Mère à la Plaine

Mis à jour : mercredi 2 novembre 2011
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