Mars 2012

Tous candidats : les propositions des Colibris


Des initiatives qui construisent l’avenir...

Changer oui, mais pour aller où ?

Nous vivons sur une planète exceptionnelle, nous disposons de trésors de créativité, de compétences et de ressources sous-exploités. Ne nous manque que la volonté de construire une société où nous aurons tous la possibilité de répondre à nos besoins les plus essentiels, de nous épanouir, tout en respectant la nature à laquelle nous sommes irrémédiablement liés. Cette dynamique, en résonance avec les valeurs que porte le Mouvement Colibris, ne prône pas de modèle unique. Nous ne croyons pas qu’il en existe d’universel et de préétabli. Chaque modèle est à construire, à imaginer en fonction de nos cultures et de nos différences.

Dans le cadre de la campagne « Tous candidats », nous souhaitons mettre en lumière des expériences et des propositons susceptibles d’éclairer notre réflexion sur l’avenir. En voici déjà quelques unes dans cinq directions. Elles seront développées avec de nombreuses autres dans le livre “(R)évolutions” qui est sorti fin janvier 2012 chez Actes Sud / Colibris.

Les forums organisés dans toutes la France seront également le creuset où chacun pourra venir élaborer ou partager ses solutions.

...dans cinq domaines de la société

Nous libérer des énergies fossiles et du nucléaire

Assurer l’autonomie énergétique de la France grâce à la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables.
(scénario NégaWatt 2011-2050) :

  • Considérables économies d’énergies
  • Déploiement des énergies renouvelables (biomasse, éolien, solaire, hydraulique…)
  • Sortie du nucléaire entre 2030 et 2035
  • Quasi indépendance du pétrole et du charbon en 2050
  • Création d’emplois

Oui à une agriculture de haute qualité sociale et environnementale

Amorcer la mutation de l’agriculture française pour la libérer du pétrole, lui rendre sa fonction vivrière sur les territoires, et la rendre durable.
(scénario Afterres de Solagro, rapport de l’ONU sur l’agroécologie) :

  • relocalisation de la production vivrière dans les régions (agriculture majoritairement locale, en circuits courts)
  • baisse de 90% de l’utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires d’ici à 2050
  • développement d’une agriculture biologique de haute qualité environnementale, sur de petites unités, en polyculture
  • réaménagement des territoires (reboisement, reconstruction des haies…)
  • revalorisation du métier de paysan avec une rémunération à la hauteur de l’importance de cette profession
  • création d’emplois

Réapprendre à vivre ensemble : re-tissons des liens !

Organiser nos villes et nos campagnes en véritables bassins de vie économes en énergie et où le lien social contribue au bien-être de tous
(exemples de Freiburg en Allemagne, de Culemborg aux Pays-Bas, de la région du Vorarlberg en Autriche, du Hameau des Buis en Ardèche)

  • Faire appel à l’intelligence collective : coopération entre les habitants, les élus, les architectes et urbanistes, les entreprises pour penser le territoire et l’organiser
  • Densification du bâti et limitation de l’étalement urbain dans des zones commerciales ou pavillonnaires
  • Isolation thermique du parc immobilier existant et construction passive (production d’énergie = aux dépenses) pour les logements neufs
  • Nature et agriculture dans les villes
  • Revivification des campagnes en y réinstallant une agriculture vivrière, de l’artisanat, des entreprises et donc des habitants
  • Mutualisation des locaux, des équipements...
  • Création d’infrastructures de transports doux, en réseaux, et baisse significative de l’utilisation des voitures dans les centres-villes
  • Création d’emplois

Ré-envisager l’économie comme un moteur de transformation positive pour la société

Construire des économies locales, résilientes, non spéculatives et libérées des banques (exemple du réseau BALLE aux Etats-Unis, des entreprises suisses avec la monnaie WIR, de la Bavière avec le Chimgauer, du C3 en Uruguay)

  • Libérer la création monétaire en donnant la possibilité aux Etats, aux collectivités, aux PME ou aux citoyens de créer des monnaies complémentaires non spéculatives, au service de projets d’intérêt général (sociaux, environnementaux, énergétiques, éducatifs, etc.)
  • Développer les activités économiques à vocation sociale ou environnementale. Pour les entreprises, mettre en place les structures qui garantissent le réinvestissement majoritaire des bénéfices dans l’activité plutôt que dans l’actionnariat (voir exemple du groupe SOS ou de la coopérative Oxalis en France)
  • Organiser des réseaux d’entrepreneurs indépendants sur les territoires (voir Business Alliance for Local Living Economies –BALLE– qui regroupe 22 000 entrepreneurs aux Etats-Unis) qui tissent une économie locale, ouverte sur le monde, mais non délocalisable.
  • Création d’emplois

Donner à nos enfants la chance de construire un monde durable et épanouissant

Offrir une éducation, qui laisse à chaque enfant la possibilité d’exprimer ses talents propres au service de tous (exemple des pédagogies Montessori, Freinet, Steiner, d’écoles pilotes comme La Ferme des Enfants, Living School, l’école du colibri, modèles comme ceux proposés en Finlande). Une éducation qui permettent à nos enfants de faire face aux défis du XXIème siècle et de construire une société profondément humaine et écologique.

  • apprentissage de la coopération et de la gestion des conflits dès l’école primaire
  • rééquilibrage entre l’apprentissage intellectuel et manuel
  • mise en relation des enfants avec la nature et apprentissage de son fonctionnement in situ
  • étude de manière pluridisciplinaire : par projet plutôt que par matière
  • écoute du rythme des enfants et de leurs spécificité : baisse du nombre d’élèves dans les classes
  • interdiction de tous châtiments corporels pour les enfants à l’école comme à la maison
Mis à jour : vendredi 30 mars 2012
La dynamo

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