PADES (Programme Autoproduction et Développement Social)

Qu’est ce que l’auto-réhabilitation ?


Aujourd’hui le marché du bricolage explose ! La remise en état de son logement est une pratique très en vogue chez les Français, qu’ils soient locataires ou propriétaires. Nombreux sont ceux qui font eux-mêmes des travaux d’amélioration ou d’embellissement de leur cadre de vie : peinture, isolation, plomberie ou électricité...

Cependant nombreuses aussi sont les personnes mal logées, habitant un logement très dégradé ou inadapté, qui ne sont pas en mesure de l’améliorer. Ressources financières insuffisantes, incompétences techniques, isolement social, difficultés relationnelles, démotivation, perte de dynamisme, handicaps physiques : autant de facteurs qui contribuent à renforcer les risques d’exclusion.

Une réponse pour les personnes exclues

Des associations, travaillant en partenariat avec des services sociaux [1] ont expérimenté des démarches d’accompagnement à l’autoréhabilitation du logement. Elles proposent à des familles en difficulté sociale une aide technique pour réaliser des travaux d’amélioration dans leur propre logement. Selon l’état du logement et les capacités du ménage il peut s’agir de travaux de second œuvre ou de travaux plus légers d’aménagement et d’embellissement.

Ces associations proposent aux personnes démunies de les aider pour concevoir et réaliser un projet d’amélioration. Elles les aident à mobiliser des aides financières et à contacter des entreprises pour effectuer les travaux qui réclament une trop grande technicité. Pour s’assurer que le projet soit réaliste et que les travaux qu’ils vont réalisés soient bien conformes aux normes de qualité et de sécurité, les associations fournissent aux bénéficiaires une aide technique et sociale qualifiée, personnalisée et dynamisante. L’objectif de ces chantiers est d’abord social : la participation des bénéficiaires doit favoriser leur autonomisation et leur dynamisation.

Ces démarches souvent méconnues, permettent aux personnes démunies de s’approprier leur logement ; elles favorisent le rétablissement des liens sociaux et cassent cette culture de la dépendance si souvent déplorée chez les usagers de l’habitat social.

Des bénéfices à long terme

  • Adaptation et appropriation du logement

Faire des travaux chez soi, c’est un moyen de l’améliorer, de l’adapter à ses besoins et à son mode de vie, de l’embellir et de l’aménager. Même si les travaux réalisés sont modestes, ils aident les personnes en difficulté à mieux maîtriser leur consommation d’énergie et d’eau, à lutter contre les problèmes de santé dus au manque d’hygiène ou à l’insalubrité. Le confort de vie, mais aussi l’amélioration sanitaire et thermique ont des répercussions sur le bien-être et la santé de toute la famille. Le plaisir de vivre retrouvé favorise l’appropriation du logement ; le bénéficiaire est fier du résultat, car il y a contribué en étant acteur de son chantier. L’amélioration a alors toutes les chances d’être durable car celui qui s’est donné de la peine pour refaire son « chez-soi » aura aussi envie de l’entretenir. Et il saura le faire après avoir acquis les techniques nécessaires au cours de la réalisation du chantier.

  • Une démarche d’insertion sociale dynamisante

Pour mener à bien leur chantier, les personnes en difficulté mobilisent leur énergie et leurs ressources. C’est aussi une occasion d’apprentissage de l’autonomie. La définition technique du projet, le choix des matériaux, la conduite du chantier au quotidien, sont autant d’occasions de trouver un rythme, de gérer le temps et de prendre des initiatives par rapport aux tâches à effectuer. Le plaisir pris à réaliser une activité concrète, la satisfaction d’y réussir et la fierté du travail accompli contribuent à restaurer une image de soi positive. Le travail sur le logement est une activité qui a toujours eu une forte charge symbolique. La maison fonctionne comme une projection du moi ; l’aménager ou la bâtir c’est l’occasion de « refaire son intérieur » au sens propre comme au sens figuré.

Bien souvent à l’issue d’un chantier d’autoréhabilitation, fortes d’un renouveau d’énergie, d’une confiance en soi retrouvée et d’une autonomie accrue, les personnes en difficulté auront une capacité plus grande à se projeter dans l’avenir. Elles seront mieux armées pour faire face à leurs autres difficultés : engager des démarches pour clarifier leur situation administrative ou financière, mieux prendre en charge leur santé, ou encore reprendre un projet professionnel en panne.

  • Un outil d’aide à la famille et à l’enfance

Les effets sur la dynamique familiale se font sentir dans le couple, à travers la mise en œuvre d’un projet commun, mais aussi entre les générations. Le chantier est l’occasion d’une meilleure prise en compte de l’enfant et de lui faire une place : il est courant que les travaux portent sur la création ou l’aménagement d’un espace pour les enfants. Ce sont souvent eux les principaux bénéficiaires de ces chantiers. C’est aussi pour eux un moyen de s’initier au travail, en y participant. Pour les parents, le chantier est l’occasion de leur montrer leur capacité à réaliser un projet et faciliter ainsi l’affirmation d’une autorité.

  • Un support d’intégration sociale

Ces chantiers modifient de manière positive les relations du bénéficiaire avec son environnement. Ainsi il peut rétablir de liens de confiance avec son propriétaire ou avec les travailleurs sociaux et il devient donneur d’ordre économique lorsqu’il faut faire intervenir une entreprise. C’est aussi l’occasion de renouer un tissu informel de relations, de solidarité, de coopération. Diverses personnes peuvent donner un coup de main : les conjoints, les enfants, les proches, les amis, ou encore le voisinage. Le chantier est alors une occasion de rompre l’isolement en entrant dans des relations d’échange. Après le chantier, grâce à l’amélioration de son cadre de vie et aux nouvelles relations nouées, le bénéficiaire aura plaisir à ouvrir sa maison sur l’extérieur. Il pourra plus volontiers recevoir des visites chez lui, établir des relations de bon voisinage avec les autres sur le mode de réciprocité et du don.

En résumé :

L’autoréhabilitation accompagnée a des effets très positifs sur l’habitat mais aussi en termes d’insertion sociale, de restauration du lien social, de prévention sanitaire, de maîtrise de l’énergie... pour un investissement qui reste relativement modeste.

C’est un outil de développement social local efficace, adaptable à la diversité des contextes et des personnes en difficulté.

Contact : PADES - pades@orange.fr

[1] des Conseils généraux, des Caisses d’allocations familiales, des Mutuelles sociales agricoles, des Centres communaux ou intercommunaux d’action sociale, des commissions locales d’insertion ou des services responsables de la politique de développement social urbain ou rural...

Mis à jour : mardi 22 mars 2011
La dynamo

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