Petite histoire des achats responsables

De la consommation aux achats responsables, retour sur l’histoire d’une prise de conscience qui modifie progressivement nos manières de consommer tout autant que de produire...

Les questions centrales de la norme ISO26000 Les questions centrales de la norme ISO26000

Du consomm’acteur à la RSE.

Créatrices de richesses et consommatrices de ressources, les entreprises ont une capacité d’action qui peut se révéler particulièrement efficace en faveur du développement durable. En effet, elles participent directement au développement économique par leurs investissements et elles peuvent réduire –ou non- les inégalités à travers les conditions de travail qu’elles proposent à leurs salariés. Enfin, consommatrices de ressources naturelles, productrices de déchets et génératrices de pollutions, leurs activités modifient plus ou moins profondément l’environnement.

Née de l’interrogation de courants religieux nord américains sur des critères éthiques minima concernant les placements financiers, la responsabilité sociale des entreprises s’est exprimée en France d’abord en France par la création, en 1983, du premier « fond éthique » et s’est élargie ensuite aux enjeux écologiques.

La responsabilité sociétale des entreprises est donc un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire, à côté des obligations réglementaires et législatives. Les entreprises s’appuient sur les outils suivants pour mettre en œuvre leur politique RSE :

  • des codes de conduite ou « chartes éthiques » le plus souvent décrétées unilatéralement par les directions d’entreprises ;
  • des labels qui certifient des produits et attestent que l’entreprise, auditée par un cabinet extérieur a respecté un cahier des charges précis (exemple de l’éco-label européen ou du label Max Havelaar pour les produits du commerce équitable) ;
  • des normes comme la norme SA 8000 fondée sur les textes de base de l’organisation internationale du travail (OIT) ou norme la ISO 26000 , ISO 14000…
  • des rapports tels les rapports verts ou sociaux qui s’appuient sur le bilan social annuel obligatoire en France pour les entreprises de plus de 300 salariés
  • des systèmes de notation et elles sont de plus en plus nombreuses à engager des démarches RSE quelque soit la taille de l’entreprise. Si l’angle d’accroche a longtemps été l’environnement, il s’élargit très nettement au ‘social’ et à l’économique depuis quelques années, ce qui est de bon augure.

Les limites de la RSE : le greenwashing

Tandis que les entreprises bénéficient de retombées positives en termes d’image auprès de leurs actionnaires, de leurs clients et des citoyens, elles ne s’engagent en contrepartie que sur des grands principes généraux peu contraignants et ne sont pas redevables de leurs actes en cas de non-respect de ces approches volontaires.

Au niveau international, les multinationales profitent de vides législatifs pour mener leurs activités au détriment du respect des droits sociaux, sociétaux, ou de l’environnement dans les pays du Sud.

Le terme Greenwashing trouve son origine dans la contraction des mots green –vert- et brainwashing, -lavage de cerveau- et il a été employé pour la première fois au début des années 1990 par un écologiste de New-York, Jay Westerveld, qui dans un essai datant de la fin des années 1980, dénonçait l’utilisation de mentions soi-disant écologistes, dans le seul but commercial.

Le terme Greenwashing est donc utilisé pour désigner une communication ‘éco Friendly’, d’une entreprise pour avoir une image respectueuse de l’environnement auprès de ses clients actionnaires ou salariés, mais qui ne s’accompagne pas de véritables actions.

Qui sera le Pinocchio du développement durable en 2013 ? Qui sera le Pinocchio du développement durable en 2013 ?

  Les Amis de la Terre et Greenpeace réclament la mise en place d’un cadre juridique contraignant au niveau international, afin d’obliger les entreprises à assumer leurs responsabilités. Ils décernent chaque année le prix ‘Pinocchio du développement durable’ qui pointe les entreprises les plus décalées entre ‘discours et pratiques’.

De la RSE à ‘achetons solidaires’

Comment, dans ce contexte de prise de conscience, les entreprises sociales et solidaires occupent-elles le terrain ? Comment assurent-elles leur développement économique autour d’une même ambition : mettre les personnes –et non le profit- au cœur de leur démarche économique ?
Comment font-elle valoir leur spécificité et leur finalité articulée autour de 4 points ?

  • Un objet d’utilité sociale,
  • Une gouvernance démocratique,
  • Une lucrativité limitée,
  • Un ancrage territorial.

Aujourd’hui, si personne ne remet en cause le fait que les entreprises sociales et solidaires contribuent significativement au développement de notre région, en étant ancrées dans les territoires et en créant des emplois, force est de constater qu’elles souffrent d’un véritable déficit de visibilité auprès des acheteurs publics/privés qui développent des politiques d’achat responsable.

C’est pour remédier à cela et pour favoriser la mise en lien entre ces opérateurs économiques que l’Apeas a créé la plateforme internet www.achetons-solidaires-paca.com . Cet outil collaboratif et évolutif a pour finalité de développer des échanges économiques plus respectueux des personnes, de l’environnement et des territoires, en cohérence avec les enjeux du développement durable, en mettant en lien des entreprises sociales/solidaires et des acheteurs publics/privé .

Un espace à faire vivre ensemble dès aujourd’hui.

Mis à jour : jeudi 26 septembre 2013
La dynamo

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