Pendant Festi’Sol jouez avec les Festi’S


Le système capitaliste a démontré être un bon système pour créer de la richesse matérielle. Le problème est que cette richesse ne concerne qu’une petite partie de l’humanité et que ce système, dans sa recherche effrénée de profit, exploite les humains et les ressources naturelles d’une manière insoutenable.

Dans ce système capitaliste la monnaie joue un rôle essentiel pour maintenir son hégémonie, car elle garde de manière implicite, à travers ses caractéristiques et ses règles de fonctionnement, tous les principes capitalistes : concurrence, individualisme, inégalités, matérialisme, etc.… C’est pour ça qu’utiliser beaucoup l’euro donne de l’addiction, alors attention !!!

La monnaie est une grande inconnue et nous croyons n’avoir pas de pouvoir sur elle, mais c’est faux car la monnaie est avant tout un outil au sein d’une communauté (de tous nous) qui lui accorde sa confiance pour faire des échanges.
Si nous ne sommes pas d’accord avec le fonctionnement de notre outil, nous pouvons (nous devons) le changer pour un autre avec des caractéristiques plus favorables pour l’ensemble de la communauté.

Ils existent à peu prés 5 000 monnaies sociales dans le monde, créées et utilisées par des communautés pour devenir moins dépendantes de l’économie international et de ses grandes injustices.

Face à la crise en Argentine : les réseaux de troc

En Argentine, dans les années 2000, lors de la grande crise économique (el pucherazo, les grandes casseroles ndr) il est sorti le « Mercado de trueque » (marché du troc) où ont participé entre 3 et 6 millions de personnes. Ce marché du troc c’était la réponse de la population à un système économique que ne leur fournissait pas un outil pour faire des échanges entre eux-mêmes, même si la population avait toujours les mêmes besoins et les mêmes capacités de produire des biens et services. Son fonctionnement, qui continue encore, permit à un grand nombre d’Argentins de sortir du désespoir du chômage, car dans ces clubs de troc ils pouvaient proposer des biens et services qu’ils savaient produire pour les échanger contre d’autres biens et services dont ils avaient besoin.

Favoriser l’économie locale en Allemagne avec les Chiemgauer

En Allemagne, dans la région de la Bavière, il existe une monnaie fondante (avec taux d’intérêt négatif) qui s’appelle le Chiemgauer.
Cette monnaie a été conçue et produite dans un lycée avec l’idée de développer l’activité économique locale : les commerçants et producteurs locaux, surtout ceux qui avaient un fond social ou écologique dans leur activité (producteurs bio, commerces de produits locaux, commerce juste…). À la fin cette monnaie a permis de réactiver des échanges dans la communauté, a créé des emplois, et a aussi favorisé les activités d’économie solidaire et écologique.

Un fonds d’investissement dans des projets d’intérêt général

Pour avoir des Chiemgauer il faut en acheter avec des Euros. Ça peut sembler étrange, car on peut ressembler que c’est le même système qu’avec les Euros, mais pas du tout car les caractéristiques du Chiemgauer sont très différentes de celles de l’Euro :

  • C’est une monnaie fondante, c’est à dire que son taux d’intérêt est négatif. Elle perd 2% de sa valeur chaque trimestre quand on ne s’en sert pas, pour empêcher de l’accumuler. C’est qu’on appelle la taxe de démurrage.
  • Le Chiemgauer ne peut circuler que dans la région où il a été créé. Cela veut dire que la masse monétaire en Chiemgauer ne sort pas de la région concernée, donc la richesse reste toujours dans la région. Contrairement à l’Euro, dont plus de 80% de la masse monétaire ne fait pas partie de l’économie réelle mais de la sphère financière.
  • La taxe de démurrage, qui pénalise l’accumulation de monnaie, alimente un fond destiné au financement d’actions d’intérêt général. La gestion de ce fond est démocratique, on peut choisir quels types de projets sont choisis.

Pendant Festi’Sol utilisez des Festi’S

À Festi’Sol nous vous proposons un jeu avec le Festi’S. Ce jeu consiste à faire voir comme il est facile de créer une monnaie locale dont les règles sont favorables au peuple. On ne peut pas parler de monnaie sociale avec les Festi’S, mais plutôt d’un outil pédagogique pour comprendre le sens et le fonctionnement de l’argent. Nous espérons que vous vous amuserez avec ce jeu.

Il y aura aussi un BLE (Bourse locale d’échange). Dans ce marché, chacun amène des objets qu’il veut échanger et leur donne une valeur (en Euros). Il obtient un crédit du même montant avec lequel il peut choisir des objets dont il a besoin. Dans ce marché il n’y aura aucun euro, mais beaucoup d’échanges !!!

Un atelier et une pièce de théâtre sur le sujet de la monnaie sociale

  • un atelier avec Philippe Derudder, expert des monnaies sociales, de 9h30 à 17h, samedi 12 juin,
  • « Le Radeau de la monnaie », une pièce de théâtre jouée par la Compagnie La Tribouille, suivie d’une conférence-débat, samedi 12 juin de 17h30 à 19h.
  • Il y aura aussi des livres et des films sur la monnaie en consultation ou à acheter.

Pedro Calabuig-Roig,
chargé de mission sur un projet de monaie sociale à l’Apeas.

Mis à jour : samedi 5 juin 2010
La dynamo

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