Habicoop

Les coopératives d’habitants : une troisième voie entre propriété et location


La spéculation immobilière et l’engorgement du parc de logements sociaux provoquent de graves difficultés d’accès au logement. On assiste également à la disparition quasi-totale de la mixité sociale dans les bâtiments de logement et à la séparation de plus en plus complète des fonctions du bâti.

C’est dans ce contexte qu’Habicoop a été crée en décembre 2005. Cette association souhaite promouvoir l’alternative coopérative aux côtés des solutions publique et privée de logement.

Le système de « location coopérative » telle que l’association l’envisage a existé en France, dans le logement social, jusqu’au début des années 1970. Actuellement encore, les coopératives existent sous la forme de coopératives et SCIC d’HLM. Habicoop souhaite promouvoir l’alternative coopérative pour des logements mixtes, en partenariat avec les bailleurs sociaux.

Le constat

Dans de nombreuses grandes villes, la spéculation immobilière et le développement des agglomérations ont participé à l’augmentation des prix et à l’appauvrissement de l’offre sur le marché immobilier. On assiste par conséquent à la disparition quasi-totale de la mixité sociale dans les bâtiments de logement et à la séparation de plus en plus complète des fonctions du bâti (logement vs bureaux et commerces). Cette double partition appauvrit la cohérence et la richesse de l’espace urbain. La spéculation immobilière gagne du terrain, et pas uniquement en France. L’étalement urbain se développe et le mitage des zones rurales également. Par ailleurs, les HLM rencontrent des problèmes de manque de responsabilisation de leurs habitants qui se traduit par une dégradation des espaces communs. Les prix élevés de l’immobilier rendent l’accès au logement de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Les listes d’attente pour des logements sociaux s’allongent, alors que le taux de rotation est extrêmement faible. En effet, une part croissante de ménages, disposant de revenus raisonnables, ne peuvent plus accéder aux logements sur le marché privé, que ce soit à l’achat ou à la location, et sont contraints de continuer à occuper les logements sociaux.

Une réponse : les coopératives d’habitants

La coopérative d’habitant offre :

  • une alternative pour les personnes exclues du marché de l’immobilier
  • un nouveau type de rapport à la propriété
  • des solidarités de voisinage

Pourquoi devenir coopérateur ?

La coopérative d’habitants permet un accès à un logement stable, dans un bâtiment de qualité, à un prix raisonnable. La coopérative permet d’accéder à un logement d’autant plus adapté aux besoins du locataire qu’il a participé à sa conception. La coopérative d’habitants permet la mise en commun d’espaces et de services (salle polyvalente commune, buanderie) pour favoriser la solidarité. La coopérative d’habitants permet le développement de la vie sociale et des solidarités de voisinage. L’implication des coopérateurs, les efforts de mutualisation de moyens et des espaces et le souhait d’éviter les intermédiaires permettent d’offrir des loyers inférieurs aux prix du marché.

Une vocation écologique et sociale

La construction ou la rénovation de l’habitat prennent en compte des critères écologiques : choix de matériaux sains et à faible impact environnemental, de provenance locale, conception du bâtiment en fonction de contraintes liées à l’énergie (orientation), utilisation d’énergies renouvelables, économies d’eau, installation de composteurs, etc. Ces choix engendrent une moindre pollution et une faible émission de gaz à effet de serre.

La localisation des coopératives dans des quartiers desservis par les transports en commun, où les services sont accessibles facilement à pied ou à vélo, œuvre en faveur d’une préservation de l’environnement. La mise en commun d’objets permet de réduire l’impact écologique de leur production et de leur traitement ultérieur en fin de vie.

La prise en compte de la dimension écologique est cohérente avec le projet d’habitat coopératif puisqu’elle rejoint les valeurs de respect, de partage et d’intégration au sens large. La volonté de construire des habitats respectueux de l’environnement se traduit par l’utilisation de matériaux écologiques et par la construction de bâtiments visant à réduire la consommation d’énergie et encourageant la mutualisation de moyens.

Un concept qui fonctionne à l’étranger !

Les coopératives d’habitants sont reconnues comme des relais utilisés par les autorités publiques pour créer des habitations mixtes dans de nombreux pays étrangers.

Les coopératives d’habitants à l’étranger : un aperçu Attention ces chiffres sont établis au regard des règles internationales concernant le statut de la coopération ; ils concernent le parc immobilier coopératif dans sa globalité sans prise en compte des aspects liés spécifiquement à l’habitat participatif (mutualisation d’espaces, participation des habitants au projet, auto-construction...).

En Suisse :
8 % du parc immobilier
Jusqu’à 20 % dans les grandes villes (Zurich)
130 000 logements
L’accompagnement et le soutien au financement des coopératives sont assurés par l’ASH (Association Suisse pour l’Habitat).

En Norvège :
15 % du parc immobilier
40 % des logements à Oslo
650 000 habitants
L’accompagnement à la création et au développement de ces coopératives est assuré par des associations de coopératives, financées par l’Etat.

Au Québec :
50 000 habitants
L’accompagnement des coopératives est assuré par des Groupes de Ressources Techniques (GRT) fédérées au sein de l’association des GRT du Québec.

Contact :
c/o URSCOP – 74, rue Maurice Flandin
BP 63164 - 69211 Lyon Cedex 03
04 72 36 28 93 - info@habicoop.fr

Mis à jour : mardi 22 mars 2011
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