Moins de déchets à la fête !

Parce que réduire les déchets consiste avant tout à changer nos pratiques individuelles et collectives, la sensibilisation reste le meilleur moyen de lutte. Et la convivialité le meilleur vecteur pour prendre conscience.

Les initiatives festives et conviviales pour sensibiliser contre le gâchis, les modes de consommation, le réemploi se multiplient. En voici quelques-unes que nous vous proposons de (re)découvrir.

Disco Soupe

La convivialité contre le gâchis. En une phrase tout est dit. L’idée des Disco Soupe est partie de Berlin et a progressivement envahi le monde entier. Pour ce qui est de la France aujourd’hui, il existe une association nationale à Paris, deux antennes locales à Nantes et Marseille et plus de 60 villes ont organisés des Discos Soupes..
Le principe est simple : collecter des légumes destinés à être jetés (parce que trop mûrs, écrasés, marqués...), se réunir sur l’espace public pour une session lavage-épluchage-découpe ouverte à tous les curieux et enfin, cuisiner soupes, salades ou jus selon la saison pour une dégustation collective gratuite ou à prix libre au son d’une fanfare ou d’un DJ.
Par la pratique, on lutte contre le gaspillage alimentaire (chaque français produit en moyenne 20kg de déchets alimentaires chaque année), on discute, on comprend les enjeux, on passe un bon moment, on fait du lien, on réinvestit l’espace public... Autour des Disco Soupe c’est donc bien plus que le gâchis que l’on interroge.

A Marseille, Florian et Charlotte font partie du collectif qui organise les Disco Soupe même si le concept n’est pas "labellisé" et qu’ils souhaitent que le plus grand nombre s’en empare. Charlotte rappelle qu’il n’y a pas un modèle-type de Disco Soupe. "On s’adapte au quartier où on intervient". Cela demande une logistique importante. En amont, il faut pouvoir récupérer les légumes. Ainsi, le petit groupe de Marseille noue progressivement un réseau anti-gaspi avec des producteurs, épiceries, boutiques bio qui acceptent de garder les rebuts. "On essaie aussi de monter un réseau de glanage" précise Charlotte. Quand vient le jour de la Disco Soupe, la petite équipe, qui fluctue entre 10 et 20 bénévoles, investit l’espace public. "Il n’y a pas toujours d’autorisation formelle mais l’événement est souvent encadré par une association" explique Florian. Et pour étonner les passants, susciter leur curiosité puis leur participation, outre l’agitation étrange que suscite l’installation de la Disco Soupe, on trouve souvent un porteur de parole . "Pour ce qui est des restes ou de surplus de fruits et légumes, on essaie de nouer des contacts avec les structures sociales de Marseille" nous dit Florian, infatigable mobilisateur, séduit par la démarche et la personnalité de Tristam Stuart, initiateur du premier "Banquet des 5000" à Londres en 2009. Avant d’ajouter : "Les Disco soupe ont une méthodologie ouverte à tous. L’équipe de Marseille est à même de transmettre et partager ses outils et connaissances, afin que le mouvement s’étende sur tout PACA."
Depuis deux ans, les Diso Soupe se mutiliplient un peu partout et auraient permis de partager 40 tonnes de nourriture dans le monde. D’utilité publique ?

PROCHAINE DISCO SOUPE À MARSEILLE : dimanche 13 avril au centre social de la Rouguière

Plus d’infos :
https://www.facebook.com/discosoupemarseille
discosoupe.marseille@gmail.com

Les repair café. Jeter ? Pas question !

Les premiers Repair Café se sont créés à Amsterdam au Pays-Bas. Très vite, ils ont essaimé partout dans le pays avant de se répandre dans toute l’Europe et au-delà. Le principe est simple : venir avec ses objets "hors service" et bénéficier de conseils et d’aide de réparateurs bénévoles. Tout cela, autour d’un café.

Évidemment, tous les objets ne sont pas réparables, certains peuvent nécessiter une intervention plus lourde, d’autres encore trop "pointus" pour qu’un réparateur puisse aider. L’essentiel étant d’avoir pu passer un moment agréable, bénéficier d’un diagnostic partagé, apprendre évidemment, créer du lien sans aucun doute, tout en ayant évité de jeter ce qui n’avait pas besoin de l’être.

Les Repair Café se posent comme des alternatives concrètes au tout jetable. Elles cultivent des valeurs de solidarité et de transmission sans jugement mais dans le partage d’un moment convivial. A ce jour, il en existe 3 dans le département des Alpes-Maritimes (Valbonne, Sophia Antipolis, Nice) :
https://www.facebook.com/RepairCafeNice
https://sites.google.com/site/repaircafesophiaantipolis/

Les gratiferias

Ici, il s’agit de gratuité. Comme les incroyables comestibles pour les jardiniers qui font pousser dans la rue plantes et légumes à disposition de tous, les gratiferias sont des foires où tout est gratuit.
Chacun apporte les objets dont il ne veut plus et les dépose. Les participants sont libres de se servir. Aucune réciprocité n’est attendu, ce n’est pas du troc. Danaïs, qui coordonne l’organisation du Forum des Possibles à Saint Maximin (83) pendant lequel une gratiferia est organisée explique : "Le don comme acte de charité a toujours existé. Ici, on est dans le partage, on mutualise ce dont on a besoin. L’objectif est de créer l’abondance et imaginer que ça puisse être le début d’une nouvelle économie où toute monnaie est abolie. Cette année, nous organisons une troisième Gratiferia à Saint Maximin et certains ont voulu élargir le don aux services en proposant un massage etc.".
Changer son rapport à la consommation, c’est en fin de course produire moins de déchets.

2 Gratiferias prévues prochainement :
Forum des Possibles - samedi 5 avril à Saint Maximin (83)
La fête du printemps - dimanche 4 mai à Bras (83)

Mais le mieux pour trouver une gratiferia près de chez vous est encore d’en organiser une !

Plus d’infos :
Danaïs
danaislafee@gmail.com
06 95 23 11 93

AER, plateforme d’accompagnement des festivals éco-responsables

ARCADE, l’Agence régionale des arts et du spectacle en PACA a récemment lancé la plateforme AER pour mobiliser les festivals de la région autour de démarches éco-responsables.
Objectifs : améliorer les pratiques environnementales et l’impact écologique des festivals, favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques, mettre en œuvre des dispositifs structurants via la mutualisation et les actions collectives.
Concrètement, il s’agit d’informer, accompagner et mettre en lien les organisateurs de festivals et les acteurs de l’éco-responsabilité pour limiter la quantité et la qualité des déchets produits par ces événements et mutualiser ce qui peut l’être.
Le 21 mars dernier, 11 festivals éco-responsables de la région ont décidé de créer COFEES, le Collectif des Festivals Eco-responsable et Solidaire en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Plus d’infos :
http://plateforme-aer.fr/
04 42 21 78 00

Mis à jour : vendredi 4 avril 2014
La dynamo

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