Après des hautes études de gestion, qui devaient le conduire droit dans le monde de la compétitivité, Jean-Philippe entre en Master (bac + 5 !) d’économie sociale et solidaire à Marseille. Là il se pose des questions sur le sens de la vie, " est-ce que tout le monde ne pense qu’au fric dans le boulot et dans la vie ? On parle du travail comme une variable d’ajustement, comme si derrière il n’y avait pas des humains". C’est à ce moment qu’il s’intéresse à l’ESS et prend conscience de l’existence "d’un monde souterrain".
Pendant sa formation Jean-Philippe rencontre Alex, asocial avec perfecto et crête, "le seul véritable déviant de la promo". Deux modèles qui s’opposent, le gestionnaire et le punk, qui deviendront rapidement copain, comme attirés par ce qu’ils ne sont pas. Ensemble ils scénarisent et Jean-Philippe met en images. Cela donne des séries de (littéralement une "bande", une histoire courte qui parait dans les journaux) où ils laissent libre cours à leur regard acéré. Leur créneau c’est la satire, la chasse aux contradictions, leur aversion pour le bon sentiment. Et l’ESS est leur terrain de jeu favori. "Pendant la formation on a commencé à dessiner des crobards [ndr : dessins] sur des coins table, ça a plu à nos congénères étudiants et aux profs".
Après son Master Jean-Philippe enchaine des périodes de chômage, des CDD pour d’importantes organisations de l’ESS (Conseil régional, Esia). Ils continuent d’arroser la liste de discussion des anciens du Master ESS de leurs productions régulières.
Au registre de leurs influences on trouve Quino, le père de Mafalda, Sempé particulièrement avec Sauve qui peut et bien sûr Frankin et ses Idées noires, Cauchemarants ou encore Gaston Lagaffe.
En 2006, Amanda, embauchée à l’Apeas après être passée par la même fac, fait le lien avec La Dynamo, et leur premier dessin parait dans le n°46 (décembre 2006). "Ça nous mis le pied à l’étrier", confie Jean-Philippe. Aujourd’hui il dessine pour CQFD, Le Passe Murail, (le journal du Génépi) ou encore dans Tous Coupables, le livre de soutien à Placid, attaqué par Sarkozy, alors Ministre de l’intérieur, pour avoir représenté un policier avec un tête de cochon.
En 2009, Jean-Philippe se fait un deuxième copain, par internet cette fois, dénommé "Ton Voisin", auteur à succès de Vivre avec des cons, travailler avec des cons et autres... Immédiatement ces deux cerveaux brillants se retrouvent dans une vision commune de la société.
Avec Ton Voisin, Jean-Philippe commence une nouvelle carrière : un dessin d’actualité par jour en 2010 publié en libre accès sur Facebook sous le nom "J’ai toujours raison parce que j’ai jamais tort".
Ensemble ils préparent un projet d’auto-édition en 2010.
Alex, lui, s’est installé dans la montagne où son travail à mi-temps lui permet de cultiver son jardin, en autonomiste convaincu, guettant de loin les agitations du monde moderne. Avec Jean-Philippe, ils envisagent la publication d’un deuxième album, pas tant pour la gloire que pour la rencontre d’un public.
Deux albums en vue, comme quoi les études de gestion ça peut servir.









