Le logiciel libre prioritaire à la Fac

L’article 9 de la loi sur l’enseignement supérieur et la Recherche adoptée par l’Assemblée Nationale le 9 juillet 2013 l’affirme : "Les logiciels libres sont utilisés en priorité". Première victoire pour le monde du libre en attendant de gagner l’école...

Ça c’est passé le 9 juillet dernier. L’Assemblée Nationale adoptait la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche après qu’elle ait été votée par le Sénat une semaine avant. Dès la promulgation de la loi, le Code de l’éducation intégrera ces deux phrases : "Le service public de l’enseignement supérieur met à disposition de ses usagers des services et des ressources pédagogiques numériques. Les logiciels libres sont utilisés en priorité".

Une première !

Jamais auparavant la loi n’avait évoqué les logiciels libres comme prioritaires. Il n’y a guère que la police et la gendarmerie nationale en France à utiliser Ubuntu comme système d’exploitation et à généraliser l’emploi des logiciels libres pour des raisons de coûts et de sécurité. Aujourd’hui, l’enseignement supérieur devra également s’y mettre.

Après le vote, le monde du logiciel libre s’est félicité de cette avancée, l’April en tête. Son président, Lionel Allorge, déclarait dans la foulée : "La priorité au logiciel libre pour le service public de l’enseignement supérieur est une première étape dont nous souhaitons qu’elle sera suivie par la mise en place d’une vraie politique publique en faveur du logiciel libre." L’April, qui revendique près de 4000 adhérents a d’ailleurs largement contribué à ce succès en menant un travail de fourmis auprès des parlementaires. Et quand on sait le poids sonnant et trébuchant du lobbying des grands éditeurs de logiciels propriétaires, il aura fallu beaucoup d’abnégation et d’arguments à l’April pour parvenir à l’adhésion d’une majorité de députés et sénateurs.

Un arrière-goût d’inachevé

Cette victoire laisse malgré tout un arrière goût d’inachevé. En effet, une disposition similaire avait été introduite par le Sénat dans le cadre du projet de loi de refondation de l’école de la République mais un amendement du ministre Vincent Peillon, voté par l’Assemblée nationale, avait malheureusement vidé la disposition de sa substance. C’est pourquoi Frédéric Couchet, délégué général d’April se permettait de rappeler que "Le logiciel libre est l’incarnation informatique de notre devise républicaine, "Liberté, Égalité, Fraternité", et permet l’appropriation par tous de la connaissance et des savoirs. Il est donc fondamental qu’il soit intégré en priorité à notre système éducatif." Et si possible avant d’accéder aux bancs des Universités.

S’il est donc de mise de fêter cette avancée, rappelons que seulement 50% d’une génération accède à l’enseignement supérieur en France. L’autre moitié sera donc contrainte d’apprendre sous la coupe des héritiers de Bill Gates et Steve Jobs (fondateurs de Microsoft et Apple). Une histoire qu’il s’agit maintenant de solder.

Voici quelques liens pour vous aider à mieux comprendre les enjeux du libre :

  • Une conférence de François Élie "Quelle école pour la société de l’information ?". François Élie est président de l’Adullact (association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et collectivités territoriales). Il est aussi professeur de philosophie :

Mis à jour : mardi 16 juillet 2013
La dynamo

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