Octobre 2011

Le Pôle d’économie solidaire de Nice


Le PECOS présenté par son directeur Chistophe Giroguy

Propos recueillis par Sandra Blondel

QU’est-ce que le Pecos ?

C’est une association créée en 2003 avec pour objectif de développer l’économie solidaire sur le bassin niçois et sur les alpes maritimes. Aujourd’hui, nous sommes quatre salariés et avons 35 adhérents de tout le département du 06.

Quelles sont vos actions ?

Nous faisons de la mutualisation d’espaces de bureaux, de stockage, de matos, et d’outils... Nous faisons aussi de l’accompagnement de projets en appui à la création de structure de l’économie solidaire en consolidation et en développement. L’accompagnement se fait aussi dans le cadre d’un transfère de compétences à la création d’évènements. On a tout le matériel, l’organisation, la méthodologie pour que les structures puissent organiser et devenir autonome sur leurs événements.

Nous avons également développé un jardin solidaire. Il y a 3 ans on a lancé cette action qui a mis un an a se concrétiser. Aujourd’hui le jardin est en train de s’autonomiser et de vivre de sa belle vie. Ainsi, nous souhaitons retrouver en gestion un nouvel espace qui, à son tour, trouvera son autonomie.

Enfin, le Pecos héberge le dispositif Piles (Pôle d’initiatives locales d’économie solidaire) depuis plusieurs années : accompagnement de projets collectifs de l’envie à l’idée et de l’idée au projet. Acteur sur le terrain de l’animation, le Piles de Nice sensibilise, éveille, conscientise sur les initiatives locales en Economie Solidaire.

Pour résumer, nous plantons des graines avec des réseaux d’acteurs afin d’autonomiser les projets enracinés sur un territoire.

Quelles sont tes fonctions ?

Je suis le directeur du Pecos. Je gère la structure, les locaux, le matériel, créée des liens forts avec le CA afin que la gouvernance démocratique soit respectée et motivée, développe les actions, accompagne les porteurs de projets. Je fais le lien avec les partenaires comme l’Apeas, le Conseil Régional. Enfin, je souhaite aussi que les employés soient responsabilisés sur l’association et que leur cadre de travail soit le plus harmonieux possible.

Qu’est-ce qui t’intéresse le plus dans ce que tu fais ?

Le collectif, le lien avec les structures , faire des mises en liens entres elles. Ce qui m’intéresse ce sont les dynamiques collectives, les actions communes, la citoyenneté.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’animation de collectif ?

Tout dépend des collectifs, j’ai du mal a répondre. Les collectifs sont contents au démarrage de se rencontrer, commencent à travailler ensemble et ensuite ils se font rattraper comme moi par la réalité de gestion quotidienne des structures qui fait que petit à petit ils se recentrent sur eux-même pour arriver à préserver leur organisation. Du coup la force du collectif s’amenuise. Ce n’est pas une volonté, c’est juste une réalité de terrain avant tout. Donc nous sommes là pour rappeler qu’il y a une réunion tel jour et pour être les gardes fous on impose un cadre.

Quels outils utilisez-vous pour impulser des collectifs ?

Nous avons mis en place des ateliers thématiques sur les jardins partagés ou sur les cafés associatifs (quels types de cafés existent, quels ponts faire entre les acteurs), des groupements d’achat à la fois pour des structures et pour des individus, des soirées de sensibilisation, deux festivals (l’écofestival de Saint Jannet en 2010 et l’écofestival de Villard sur Var en 2011) où on a vraiment essayé de mailler le territoire et les acteurs pour pouvoir travailler en collectif sur des thématiques particulières, des journées à thème avec par exemple un partenariat avec les villes en transition. En ce moment, on réalise un site internet afin d’avoir un outil vraiment participatif où les personnes puissent avoir un espace en interne, travailler en commun à distance et puissent poser des dossiers et avancer sur des problématiques tous ensembles.

Quelles actions avez-vous mises en place pour réinvestir l’espace public ?

C’est surtout une dynamique lancées par les associations locales sans qui le Pecos ne ferait rien. Ces dernières années, globalement à Nice, se sont multipliées les fêtes de quartier, des festivals, des repas de quartier , des ateliers jonglages, du travail avec les enfants, des concerts sauvages sur les places publiques en réaction aux apéros saucissons sur Nice. On fait bien passer le message que ce sont des fêtes sans alcool pour ne pas avoir de problème. Jusqu’à présent, on nous a toujours laissé faire. Notre but est d’impulser des dynamiques citoyennes pour redynamiser les quartiers.

Quels sont vos partenaires et acteurs privilégiers ?

Je ne sais pas si c’est un privilège de travailler avec nous ! Les acteurs avec on travaille régulièrement sont Energie Alternative 06 (CAE), la Falabrak fabrik, le réseau d’accompagnement animé par la Claie, la cantine auto-gérée Les Piedanleplas, artisans du Monde, le CCFD etc. On bosse ensemble depuis des années, on se connait bien dans nos forces, dans nos faiblesses, on est complémentaires et animés par les mêmes valeurs de partage et de solidarité et par l’envie de construire un modèle alternatif.

Pourquoi être adhérent de l’Apeas ?

Le Pecos était adhérent de l’Apeas avant que je n’arrive donc il faudrait aussi demander au CA. Pour ma part, je me reconnais dans l’Economie Alternative et Solidaire qui laisse la place au secteur non monétaire et non marchand de l’économie qui me paraissent important aujourd’hui à développer. L’Apeas permet de se fédérer au niveau régional, réunir les acteurs et de réfléchir aux besoins des territoires et de la citoyenneté.

Quelles serait ta définition de l’Economie Solidaire ?

Innovation, mutualisation, coopération. Ce qui me vient aussi c’est le mot « débrouille ». Tous ensemble on peut avance vers une économie moins difficile à gérer, à contrôler et à analyser.

Quels sont les chantiers, projets à venir ?

Consolider nos actions, arriver à structurer l’équipe, le CA, les partenaires,développer l’autofinacement qui est aujourd’hui de 30% (les 70% restant de notre financement venant du Conseil Régional principalement) via la mutualisation des locaux, du matériel, les adhésions et les évènements (cantines mobiles, buvettes solidaires, banquets alternatifs). Enfin, nous avons le projet de développer un véritable médias alternatif, travailler sur notre lettre d’info, mettre en place en espace médias collaboratifs où chacun pourrait poster son info. Notre force de propositions à développer doit être aussi dans la communication.

Mis à jour : jeudi 27 octobre 2011
La dynamo

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