FACES renForcer l’Accompagnement à la Consolidation des Entreprises Solidaires

La dynamique FACES


Mise en réseau des dynamiques d’échanges et de coopération visant la consolidation des projets collectifs inscrits dans une démarche d’économie solidaire en région Paca

Cette action est conçue comme un espace de recherche et d’innovation Un croisement d’expériences entre des réseaux thématiques et territoriaux en vue de renforcer la consolidation des initiatives inscrites dans une démarche d’économie solidaire en région Paca.

Un constat de départ :

L’économie solidaire ne s’inscrit pas uniquement dans une économie de la réparation mais souhaite être reconnue comme une force de transformation vers une société plus solidaire et participer à la mise en place de nouveaux modèles de développement. Elle apparaît comme une réponse crédible face aux multiples crises qui traversent notre société : environnementales, sociales, économiques, démocratiques.

La crise financière qui a explosé fin 2008 a mis en exergue la nécessité d’un changement de paradigme économique plus centré sur les Hommes et les Femmes, remettant l’argent à sa place, c’est à dire un moyen et non une finalité.

La crise démocratique, c’est à dire la perte de confiance par les citoyens dans les institutions qui les représentent, rend plus nécessaire que jamais le renforcement du rôle des associations dans l’émancipation et la prise de conscience de la société civile de sa capacité à devenir acteur du développement de leur territoire, à se saisir de ses problématiques quotidiennes et inventer de nouvelles réponses adaptées, dans la concertation et la participation.

En 2011, les Etats Généraux de l’Economie Sociale et Solidaire initiés au national par le Labo ESS et animés en région par l’Apeas et la CRESS Paca, ont tracé la voie. Ils ont mis en mouvement un grand nombre d’acteurs de l’ESS afin de convaincre l’opinion et d’influencer les décideurs, de mettre en lumière le fait qu’une autre économie est possible et d’inviter à changer d’échelle, à donner les moyens à l’ESS de franchir un cap.

Les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont confrontés à des contraintes qui nécessitent des compétences spécifiques afin de conjuguer deux dimensions qui pourraient paraître comme contradictoires :

  • Réponse à des besoins fondamentaux, non ou mal couverts, en vue de produire un bénéfice social et humain, d’améliorer la qualité de vie des habitants et du bien vivre ensemble, la durabilité des territoires, l’empowerment... qui relèvent du projet associatif, ciment de la participation collective.
  • Réalisation d’objectifs économiques reposant sur une hybridation des ressources alliant économie non marchande, marchande, non monétaire et monétaire, qui relèvent du modèle économique, garant de la pérennisation du projet.

Ces grands enjeux constituent des défis de taille à relever pour les structures, d’autant qu’ils s’accompagnent d’une mutation de notre environnement socio-politique :

  • individualisme grandissant et repli sur soi généralisé,
  • difficulté à mobiliser des bénévoles sur la durée,
  • exigences légitimes mais toujours plus importantes de la part des collectivités en matière d’octroi de financements publics,
  • injonction à générer du financement propre et donc à développer des prestations marchandes, parfois au détriment de la cohérence du projet collectif et de la vision partagée.

Nous assistons donc à un paradoxe :

  • d’un côté la place et le rôle de l’économie sociale et solidaire est largement reconnu (preuve en est la très récente nomination d’un ministre délégué à l’économie sociale et solidaire).
  • d’un autre côté, les initiatives solidaires sont confrontées à un environnement de plus en plus exigent en terme de compétences, des structuration et d’organisation collective.

La construction d’un accompagnement adapté aux différentes étapes de développement des projets collectifs croisant recherche d’utilité sociale et d’équilibre économique, apparaît donc plus que jamais comme un levier nécessaire pour leur consolidation.

Des réponses à chercher du côté de l’animation de réseaux

L’hypothèse centrale de la démarche est donc que la mise en place d’un accompagnement innovant, adapté à la diversité et à la complexité des problématiques rencontrées en phase de consolidation par les bénévoles et salariés des initiatives solidaires, est une nécessité pour leur permettre de relever les grands enjeux auxquelles ils sont confrontés.

Cet accompagnement doit être inscrit dans le temps et la réciprocité, dans une relation de confiance entre pairs. Les dynamiques de réseau, qu’elles soient thématiques ou territoriales peuvent être une réponse adaptée et efficace aux problématiques de consolidation, si elles mettent en place une fonction animation.
C’est du côté des réseaux d’acteurs ancrés dans la démarche d’économie solidaire que l’Apeas entend chercher et valoriser des pistes de réponses innovantes, à partir de pratiques d’échange, de coopération et de mutualisation.

En effet, l’isolement représente une fragilité pour les initiatives solidaire, les femmes et les hommes, bénévoles et salariés qui la composent.
Des organisations collectives peuvent être construites à travers la mutualisation de salariés (compétences, temps de travail partagé), de moyens (logistiques matériels, locaux), de risques (création de caisses de secours mutuelles)...
Au delà de la mutualisation, les acteurs gagnent à s’allier et coopérer pour échanger, bénéficier de l’expérience des autres, faire de la recherche action ensemble, sensibiliser citoyens et partenaires, répondre à des appels d’offre...
Les réseaux prennent alors tout leur sens.

Un réseau est une forme de regroupement et de maillage entre des individus et des acteurs qui se reconnaissent autour d’une identité et de valeurs communes.
Il peut-être formel ou informel, thématique (jardin solidaire, commerce équitable, ressourcerie, environnement...), territorial (bassin de vie, départemental, régional, national...), événementiel (mois de l’économie sociale et solidaire, semaine de la solidarité internationale, quinzaine du commerce équitable,...) Il est humain avant tout, source de rencontres, de réflexion et d’intelligence collective.

Dans le cadre de cette expérimentation, nous souhaitons croiser trois types de réalités et savoirs :

  • l’approche d’un réseau accompagnateurs qui a la pratique du développement d’outils méthodologiques et pédagogiques adaptés aux réalités des acteurs inscrits dans une démarche d’économie solidaire : celle du réseau régional des Piles
  • l’approche métier développée par les initiatives solidaires à partir de leur pratique de terrain à partir de l’expérience de trois réseaux territoriaux membres de l’Apeas : Mesclun sur Marseille, PECos sur les Alpes Maritimes, Resspa sur Arles) et de réseaux thématiques actifs en région Paca.
  • l’approche des experts qui est pour l’instant le modèle d’accompagnement majoritaire en phase de consolidation.
Mis à jour : vendredi 27 juillet 2012
La dynamo

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