Décembre 2012

Initiatives régionales Pour des Agricultures Citoyennes et Territoriales - Travailler autrement en agriculture


Les organisations de développement agricole et rural de la région PACA, se reconnaissant dans les valeurs d’une agriculture paysanne, alternative et solidaire, se sont réunies dans un pôle d’Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale (InPACT) pour « travailler autrement en agriculture ».

Alliance Provence, l’ARDEAR, Bio de Provence, la Confédération Paysanne, Filière Paysanne,le GR CIVAM PACA, le MODEF, les Paniers Marseillais et Solidarité Paysans Provence-Alpes ont signé le 30 octobre 2012 une convention de partenariat afin de formaliser leur volonté forte de mieux coordonner et mutualiser leurs initiatives et expertises, de construire des positions communes, ainsi que de communiquer dans une démarche d’éducation populaire, plus efficacement et largement auprès : des citoyens, élus et autres acteurs des territoires, sur des questions vitales liées àl’agriculture, à l’alimentation et aux initiatives qu’elles mettent en place.

Ces trente dernières années, le modèle agricole intensif dominant, basé sur une approche exclusivement technologique des lois du vivant, sur une division du travail liée à l’industrialisation des filières et à une spécialisation de l’activité agricole, a largement contribué à la concentration des moyens de production, à la disparition des paysans, à la désertification de nos territoires, à la dégradation de l’environnement, et à des crises alimentaires et sanitaires à répétition. En réponse à cela, nos organisations promeuvent une agriculture plus autonome, plus économe et plus écologique.

Mais aujourd’hui, cette agriculture « alternative » est toujours alternative dans le sens où le manque de volonté politique empêche de passer à une réelle réorientation de la production française. Ce qu’ils proposent :

  • Une agriculture paysanne, solidaire et écologique, caractérisée par sa capacité de résistance face aux crises alimentaires, énergétiques et climatiques qui se profilent à l’horizon. Il s’agit de pratiques agricoles diversifiées, autonomes et économes, relocalisées, intégrées dans des territoires ruraux et urbains vivants et solidaires, respectueuses des ressources naturelles et de la santé des paysans et des habitants.
  • La reconquête de la souveraineté alimentaire sur notre territoire, à concevoir en terme d’échanges équilibrés et solidaires avec les autres territoires, proches ou lointains, et avec les paysans du monde, en respectant la possibilité pour tous les peuples de produire leur nourriture. Alors qu’aujourd’hui, les 5 millions d’habitants de la région PACA sont nourris essentiellement par la grande distribution à flux tendus, avec 72h de stocks, il faut rappeller que la fonction première de l’agriculture est de nourrir la population. Ce qui engage à lutter contre la disparition rapide du foncier agricole liée à l’urbanisation et à préserver les terres vivrières. Au-delà de cette fonction nourricière, d’autres productions diversifiées apportent une valorisation complémentaire. Il s’agit donc de relocaliser les filières agricoles et alimentaires.
  • Travailler autrement en agriculture. La pression exercée sur le revenu des paysans génère de la précarité, détruit les solidarités et élimine les plus faibles et les plus petits. Dévoyés de leur philosophie d’origine, les grands groupes coopératifs et mutualistes spéculent aujourd’hui sur les marchés mondiaux, et beaucoup de paysans ont développé une vision négative des structures collectives. Il s’agit de se réapproprier les outils de transformation à l’échelle des territoires, de réfléchir aux fonctionnements collectifs (COOP, SCIC, CUMA, GE, GIE, SCOP, etc) et se réapproprier la valeur ajoutée de la transformation et de la distribution, qui a été déléguée au secteur privé.

L’agriculture alternative qu’ils défendent s’inscrit résolument dans les valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire, privilégiant la rémunération du travail sur celle du capital. Des fermes à dimension humaine génèrent plus d’emploi et maintiennent plus d’actifs sur les territoires.

A l’heure où se négocie à Bruxelles la nouvelle PAC, qui va déterminer ce que nous aurons dans nos champs et nos assiettes pour les 10 prochaines années, le collectif invite les citoyens, les élus et tous les décideurs de la région à se mobiliser fortement pour réorienter notre production agricole.

Les membres du pôle d’« Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale (InPACT) – Travailler autrement en agriculture » :

  • ALLIANCE PROVENCE
  • ARDEAR PACA
  • BIO DE PROVENCE
  • CONFEDERATION PAYSANNE
  • FILIERE PAYSANNE
  • GR CIVAM PACA
  • MODEF
  • LES PANIERS MARSEILLAIS
  • SOLIDARITE PAYSANS PROVENCE-ALPES

Contact :
Patricia LENNE – GR CIVAM PACA
MIN 13, 84953 Cavaillon Cedex
Tel : 04 90 78 35 39
civam.paca@wanadoo.fr

Mis à jour : mercredi 19 décembre 2012
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