Handicaps et habiletés sexuelles


  • Vendredi 27 avril 2012 19:00-22:30 - Marseille (13)

Depuis quelques années déjà, livres, revues professionnelles, sites internet, émissions radios et télévisées plus ou moins « grand public », films récents (Intouchables, Hasta la vista), abordent largement un sujet jusqu’ici trop ignoré : la condition sensuelle et sexuelle des personnes en situation de handicap.

Si tout le monde quasiment s’accorde à dire que cet aspect est essentiel dans la vie et le développement d’une personne, des divergences apparaissent quand il s’agit d’évoquer la nécessité d’un accompagnement, voire d’une assistance pour une personne ou un couple se trouvant dans l’impossibilité d’accéder à sa propre sexualité, ou démuni face à cette sexualité.

Longtemps niée ou diabolisée, la dimension sexuelle des enfants et adultes handicapés, mais toujours capables, même si autrement capables, est aujourd’hui interrogée sous différents angles : accès, éducation, compensation, intimité, regard de l’autre, rencontre, intervention d’un tiers, etc.

Où l’on s’aperçoit que derrière le mot sexualité se cachent multiples réalités, pratiques et ressentis, irréductibles à une norme…

A 19:00 : Lectures de textes (issus d’ateliers d’écritures). Suivie d’une discussion animée par Hervé trémeau, Charly Valenza du collectif départemental Assexybilité et Amanda Barbry, psychologue clinicienne, sexologue qui travaille auprès d’adolescents en situation de handicap mental, formatrice auprès de travailleurs sociaux.

Cette soirée est organisée dans la cadre de la quinzaine : "Le social dans tous ses états !" du 18 au 28 avril 2012

"Notre société force ses victimes à coopérer à leur propre oppression, qui prend la forme d’une tutélaire sollicitude"

Yvan Illich. Le travail fantôme. Seuil. 1981

Le social ? Un terme bien générique qui recouvre une multitude de sens transversaux ou contraires, de situations visibles, invisibles, de personnes prises en charge dans le quotidien, parfois par intermittence, par des professionnels (ou pas !).

Une personne accompagnée est digne d’être prise dans tous ses états avec ses singularités physiques, mentales, identitaires, et sociales. Notre État est il encore social ? Comme le définit le sociologue Robert Castel ? Les logiques qui le sous tendent issues du socle républicain faites de solidarité, de réciprocité, d’entraide, de redistribution sont mises à mal par la marchandisation, le management, le rendement, la technicité qui pourraient en venir à bout.

Sans parler du "téléspectateur électeur" qui se plaint "qu’il y a trop de social en France". D’ailleurs son voisin "n’en secoue pas une et c’est un gros cumulard d’allocs en tout genre".

Selon l’UNIOPPS la détresse sociale ne cesse de croître en France : ’4.5 millions de chômeurs, 8.2 millions de personnes en situation de pauvreté, 3.6 millions de personnes en situation de non ou mal logement, 15% de français qui renoncent à des soins médicaux.’ De la même manière la stigmatisation, la "criminalisation" des personnes vivant avec des minima sociaux s’amplifient.

Pourtant, si on y regarde de plus près : ’la fraude aux allocations de la CAF ne représente que 2.1 % des allocataires et 1.5 % des sommes versées’ (erreurs administratives comprises). Pour sortir de ces chiffres et de ces idées reçues, nous écouterons les témoignages d’acteurs de terrain : L’association marseillaise Esclavage Tolérance Zéro qui accompagne les mineurs étrangers Isolés, des associations de Marseille, Esp’ errance et de Strasbourg, La Maison Mimir, qui face à une inadéquate logique saisonnière de l’hébergement d’urgence se mobilisent pour trouver des modes d’accueil alternatifs. Avec Rencontres Tsiganes et RESF nous ferons le point sur la situation des Rroms qui semblent être des citoyens de seconde zone pour qui le droit commun ne s’applique pas toujours.

Dans notre ville royaume automobile nous nous interrogerons également sur l’accessibilité au sens large, course de poussettes à la Plaine ( tiens on y a pas pensé, mais on aurait pu le faire..).

Enfin, après des années de silence, nous verrons que les personnes handicapées ne sont pas des anges asexués ni dépourvus d’imagination en matière sexuelle avec Asexybilité.

Nous discuterons aussi des troubles autistiques, sous les feux de l’actualité tant dans le grand public (2012 est l’année de l’autisme) que dans les sphères spécialisées, scènes de débats passionnants, passionnés voire passionnels. C’est selon.

Retrouvez tout le programme sur le site de l’Equitable café

Mis à jour : vendredi 27 avril 2012
La dynamo

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