Janvier 2008

De l’initiative solidaire au réseau d’acteur, notre cheminement depuis 1995


Créée il y a une dizaine d’années dans un environnement peu sensibilisé, l’APEAS a été pionnière sur son territoire pour faire avancer concrètement le concept de l’économie solidaire.

Au fil des ans, l’APEAS a fait croître son réseau associatif comme ses activités :

- Fortement ancrée sur l’aire Marseillaise au cours des premières années, elle est devenue une structure de dimension régionale et reconnue par des réseaux nationaux.

- Association créée par des citoyens engagés, l’APEAS est devenue un espace de regroupements d’acteurs,

- Ciblé sur l’accompagnement d’initiatives locales et solidaires, son projet s’est peu à peu construit autour de trois axes :

* informer et communiquer sur l’EAS, * structurer l’EAS en développant les réseaux, * développer et transmettre les savoirs et les savoirs-faire.

Cette évolution n’a pas été un long fleuve tranquille, mais plutôt le torrent houleux et imprévisible de l’expérimentation et du risque, de la professionnalisation, du faire ensemble... dans un environnement qui a fortement évolué lui aussi.

Ces années de développement nous amènent aujourd’hui à une situation complexe

L’association a redéfini son projet associatif en se dotant, fin 2006, de nouveaux statuts qui :

- permettent une meilleure représentation des différents acteurs qui la composent, notamment les personnes morales,

- favorisent une démarche de regroupement en réseau à partir de secteurs d’activité, de champs thématiques ou de territoires afin :

* de mutualiser des outils,

* de construire des stratégies de développement collectif,

* de renforcer la pérennité des acteurs économiques tant par leur capacité à contractualiser avec les politiques locales que dans l’affirmation de leur place sur le marché : les pôles.

En cohérence avec ces statuts elle a élu un nouveau conseil d’administration, représentatif de la diversité de ses membres.

- Un regroupement d’acteurs du commerce équitable s’est constitué en Pôle au sein de la structure.

- Un réseau de 6 PILES (Pôles d’Initiatives Locales pour une Economie Solidaire) s’est développé en région.

- D’autres dynamiques de regroupement sont en cours : médias solidaires, épargne et finances solidaires ...

L’association a également construit une politique partenariale forte avec les politiques publiques locales (notamment le Conseil Régional et le Conseil Général 13 qui la soutiennent et lui reconnaissent un rôle important dans le développement de l’économie solidaire sur nos territoires). Cette reconnaissance nous donne une capacité d’intervention dans le débat public et fait de notre structure une force de proposition.

Cependant, l’APEAS n’a jamais été aussi fragile. POURQUOI ?

1 - une situation économique très difficile

L’association, qui a considérablement développé son activité grâce à l’embauche de nouveaux salariés permanents entre 2003 et 2006, s’est retrouvée dans une situation économique très difficile, la conduisant en redressement judiciaire en juin 2007. Cette situation a pour conséquence un plan de restructuration, qui se traduit par le départ de la moitié des salariés, et l’élaboration d’un plan de continuité pour épurer une dette importante.

Parallèlement à ce décalage entre sa force de production et sa faiblesse financière, l’APEAS connaît un autre paradoxe :

2 – un outil sous-exploité par les acteurs

Malgré le renouvellement de ses statuts et la diversité de ses membres, l’association n’arrive pas encore à se faire reconnaître comme espace de regroupement collectif des acteurs de l’économie solidaire, que ce soit :

- par les institutions,

* peut-être parce que la diversité des acteurs qui la composent ne communique pas clairement sur leur appartenance à ce réseau

* mais aussi et surtout parce l’APEAS se révèle en grande difficulté lorsqu’il s’agit de produire collectivement une revendication politique ou une stratégie de développement.

- par un certain nombre d’acteurs qui pourraient en être les premiers bénéficiaires, car :

* d’une part, elle est sans doute prise en otage par son image :

> trop alternative pour certains,

> trop institutionnalisée pour d’autres,

> trop conceptuelle ou politique

> trop loin des besoins pratiques et concrets des acteurs...

* et d’autre part, elle a possiblement, comme plusieurs membres l’ont fait remarquer, été confrontée à des problèmes de méthode

Mis à jour : lundi 4 janvier 2010
La dynamo

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