Compte-rendu de la rencontre avec Eva Joly et Alain Lipietz


Portrait d'Eva Joly réalisé par Aria-Nord Portrait d’Eva Joly réalisé par Aria-Nord

Le Labo de l’ESS en partenariat avec le MES et le RTES a inauguré un cycle de rencontres sur la place de l’ESS dans la société de demain.

La première rencontre a eu lieu le 5 janvier 2012 avec Eva Joly et Alain Lipietz autour du thème : "L’Economie sociale et solidaire dans la transition écologiste".

Compte-rendu de la rencontre réalisé par Jean-Paul Biolluz d’Aria-Nord.

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Eva Joly : « Une loi cadre en faveur de l’économie sociale et solidaire »

Devant un auditoire attentif et en réponse aux multiples questions qui leur étaient posées, la candidate à l’élection présidentielle et Alain Lipietz développèrent les éléments du programme des Verts pouvant y répondre.

« La loi-cadre consacrée à l’économie sociale et solidaire, souligna Eva Joly, portera la reconnaissance du statut particulier de l’économie sociale solidaire. L’économie sociale et solidaire aura sa place dans les instances de dialogue social. Cette loi sera le cahier des charges établi en réponse aux cahiers de doléances ».

« Créer une coopérative, ou créer une entreprise solidaire doit être aussi facile que de créer une entreprise classique ».

« Les Chambres régionales de l’économie sociale contrôleront le fait que les entreprises puissent bénéficier des dispositifs de l’économie sociale et solidaire ».

« Nous chercherons, nota la candidate, à concilier vos processus d’autonomie et un soutien à votre développement ».

« Un droit de préemption sera établi en faveur des salariés dont les entreprises sont en difficulté. Il pourront dans leurs démarches bénéficier du soutien de fonds régionaux ».

La candidate se déclara « favorable à faire évoluer le code des marchés publics, avec la prise en compte de critères de l’économie sociale et solidaire ». Elle veut « favoriser l’épargne solidaire », établir « une certification publique européenne pour reconnaître les produits équitables ».

Alain Lipietz : « que les gens se prennent en main »

Alain Lipietz dressa une analyse de la situation découlant des crises actuelles, à laquelle, estime-t-il, l’économie sociale et solidaire est parfaitement placée pour répondre. « Nous sommes dans une crise semblable à la crise des années 30, considère-t-il. Le mythe du marché régulateur s’effondre, sous un excès de profits, et une insuffisance de la rémunération du travail ».

« Mais, affirme-t-il, on ne peut pas sortir de la crise actuelle, comme il fut sorti de celle de 1930, uniquement par un nouveau New Deal. En 1930, la sortie de la crise passa par plus d’Etat, et un plus grand partage de la valeur ».

Pour l’économiste, qu’est Alain Lipietz, « aujourd’hui, la sortie de crise, si elle nécessite aussi plus État et un plus grand partage, doit aussi, tenir compte de la crise écologique. La planification à la française pour créer le port de Dunkerque, le TGV, ou le développement de l’industrie aéronautique a été excellente. Mais l’État, ne peut impulser, entraîner ou maîtriser les milliers d’initiatives locales qui doivent s’inscrire dans un plan de réponse globale aux différentes crises. Avec l’État, considère Alain Lipietz, nous pouvons faire reculer la finance. Mais l’État, ce n’est pas lui qui dira ce que nous allons manger. C’est pour cela, affirma le conseiller d’Eva Joly, que l’économie sociale et solidaire peut avoir aujourd’hui un bien plus grand rôle qu’à la sortie de la guerre ou il s’agissait de reconstruire et de planifier ».

« Par ailleurs, l’heure est à ce que les gens se prennent en main dans la tradition du mouvement ouvrier du XIXe siècle qui a permis le développement des mutualisations, des coopérations, des associations ». Une vision politique « qui permet de récréer du lien social et de l’intégration.

« Pourquoi, s’interrogea encore Alain Lipietz , les banques renflouées par l’État ne deviendraient-elles pas des Sociétés coopératives d’Intérêt Collectif (des SCIC) tout comme la SNCF ». Les SCIC, sont des entreprises où sont associés, sur le mode coopératif, à la fois les salariés, les usagers et les collectivités.

Eva Joly, et son conseiller, Alain Lipietz, devant des militants de l’économie sociale et solidaire et des militants écologistes réunis, ont, nettement, affirmé, qu’ils considéraient que « l’économie sociale et solidaire est le coeur du projet de la transformation en capacité d’assurer la redistribution financière » qu’ils souhaitent.

On l’a bien compris, jeudi soir, l’économie sociale et solidaire et les écologistes marchent sur les mêmes chemins. Restent encore, au-delà des idées, souvent communes, de les faire figurer en bonne place dans un programme. Ça sera chose faite, rapidement, affirma Eva Joly. Peut-être ce jeudi soir à Roubaix, où la candidate d’EELV présentera son programme dans un meeting.

Mis à jour : mardi 31 janvier 2012
La dynamo

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