Février 2006

Autopartage

Article paru dans La Dynamo n°36 - juillet/aout 2006

Autopartage Autopartage

Il est de plus en plus difficile d’avoir une voiture lorsque l’on habite en ville. La surabondance de voitures dégrade la qualité de vie en ville et raréfie l’espace de circulation et de stationnement. Les automobilistes ordinaires utilisent souvent leur voiture pour réaliser un trajet pourtant bien desservi par les transports en commun.
Le Plan de Déplacement Urbain (PDU) de la Ville de Marseille indique pour l’année 1999 que 7500 voitures ne bougent qu’une fois par semaine (ou moins) et occupent la moitié des places de stationnement autorisées dans les 1er, 3ème, 5ème et 6ème arrondissement. Ces voitures "ventouses" ne servent presque jamais, encombrent inutilement le centre ville et lui donnent une mauvaise image. La Ville envisage de construire à prix d’or des parkings réservés aux résidents (la construction d’une place en centre ville coûte 15 000 €). Pourquoi dépenser autant d’argent alors qu’une voiture partagée remplace six voitures « ventouse » et ne coûte rien à la collectivité ?

la voiture citoyenne

Loin de perdre le bénéfice de la voiture personnelle, les organisations de « voitures partagées » proposent d’en mutualiser l’achat et le stationnement pour améliorer le confort d’utilisation (choix du modèle de voiture, stationnement réservé, entretien régulier, paiement à l’usage, assistance 24h/24).
De plus, le fait d’adhérer à une organisation de voitures partagées permet souvent de constater qu’il est possible de vivre sans voiture. Ainsi, les adhérents du service de voitures partagées marchent plus et utilisent plus les transports en commun que les autres automobilistes. Lancée en mars 2002 à Marseille avec deux voitures et cinq adhérents, la coopérative de voitures partagées "AutoPartage Provence" comptait au 1er mars 2005, 160 abonnés qui se partagent 11 voitures réparties sur 4 sites de stationnement.
Concrètement, les voitures partagées sont accessibles en libre service 24h sur 24, leur planning d’utilisation est visible sur Internet ou en appelant un standard téléphonique. Les véhicules sont répartis sur plusieurs stations afin d’améliorer la proximité avec les abonnés. La réservation peut être faite cinq minutes avant l’utilisation.
Les tarifs comprennent tous les frais : stationnement réservé, carburant, assurance tous risques, entretien, assistance en cas de panne ou d’accident. Les utilisations sont facturées 2 euros de l’heure et 30 centimes d’euro du kilomètre. Les heures de nuit sont gratuites entre minuit et sept heures du matin (voir les tarifs précis sur le site autopartage-provence.com).

débarrassez vous de votre vieille voiture

En mai et juin 2005, un partenariat innovant entre AutoPartage, la Ville de Marseille et la RTM a consisté à proposer aux marseillais de vendre leur vieille voiture en échange de quoi ils pouvaient bénéficier d’un abonnement annuel aux transports en commun à moitié prix et d’un abonnement gratuit pendant un an à AutoPartage. Cette opération a reçu le label 2005 de la « semaine du développement durable » du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. L’opération devrait être renouvelée en septembre prochain.

Une coopérative de consommateurs

Statutairement, son capital est détenu à minima pour moitié par les abonnés au service de voitures partagées. La coopérative peut également vendre au public, ce qui veut dire que les abonnés ne sont pas obligés de souscrire au capital. Ceux qui souscrivent (les sociétaires) bénéficient statutairement d’une réduction du coût de l’utilisation du service (environ 15%) par rapport à ceux qui ne souscrivent pas. Un quart des utilisateurs ont fait le choix de souscrire une part sociale. Initialement de 6 403 euros, le capital social atteignait 55 796€ en mars 2005. Les utilisateurs sont donc suffisamment convaincus pour souscrire une part sociale qui s’élève tout de même à 914,69 euros. Les statuts permettent également d’associer des investisseurs non utilisateurs. Ceux-ci bénéficient en cas de résultats bénéficiaires d’une rémunération prioritaire mais modérée de leur investissement. Au 1er mars 2005, ils représentaient quasiment 50% du capital social avec notamment un club CIGALES et la société de capital risque solidaire Garrigue.

L’impartageabilité des réserves de la coopérative et la prépondérance des usagers dans les décisions font d’Autopartage Provence une entreprise d’intérêt collectif tout en permettant une certaine lucrativité des capitaux investis. Il est prévu que le projet soit commercialement déficitaire pendant encore deux ans avant d’atteindre son seuil d’équilibre. L’objectif à terme est de créer un réseau régional implanté dans les villes de plus de 100 000 habitants (Aix, Avignon, Marseille, Nice, Toulon). AutoPartage fonctionnera alors en complémentarité avec les transports urbains et interurbains.

Appel à l’épargne de proximité

Afin de financer ce développement et d’impliquer le plus grand nombre, AutoPartage-Provence a décidé d’ouvrir son capital à tout citoyen soucieux des questions de mobilité urbaine. AutoPartage-Provence s’est adossée à la société coopérative de capital risque solidaire Garrigue, dans un dispositif qui permettra à chacun d’investir sous la forme la mieux adaptée à sa situation. Ainsi l’investisseur a le choix entre souscrire une ou plusieurs parts sociales soit dans AutoPartage-Provence directement, dans ce cas il participe lui-même à la vie de la coopérative (en particulier au travers des assemblées générales), soit dans Garrigue, dans ce cas le risque lié à l’investissement dans AutoPartage-Provence est géré collectivement avec d’autres personnes (actuellement 30 sociétaires de Garrigue habitent en Provence-Alpes-Côte d’Azur) et réparti sur d’autres entreprises (Garrigue a investi dans une cinquantaine d’entreprises françaises).
Passer par Garrigue c’est, pour un non expert de la finance, soutenir une activité responsable tout en disposant de capacité d’analyse et de suivi qu’il n’aurait pas seul.
Dans les deux cas, les sommes investies sont déductibles à hauteur de 25% des impôts sur le revenu.

L’Apeas est sociétaire d’Autopartage

Bureau : 0800 500 580 numéro vert, appel gratuit d’un poste fixe

Mis à jour : mercredi 16 décembre 2009
La dynamo

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