Octobre 2009

Agricollectif


Goutte à goutte, la transition vers l’autonomie.
L’Agricollectif est un collectif de cinq jeunes adultes urbains de Nice à Bruxelles, avec des enfants. Ils ont récemment pu s’installer, grâce à Terre de Liens, sur un terrain de 10 ha d’espaces naturels préservés à Val de Chalvagne, près d’Entrevaux, à une heure et demi de Nice et de Digne les bains, pour y développer un projet multi-facettes. Trois d’entre eux habitent sur place et deux niçois gardent pour l’instant leur activité professionnelle en ville. Rencontre avec Jérémy Bemon, initiateur du projet et membre de ce collectif.
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Le gîte d’Agricollectif

Comment est né le projet ?
Au départ il y a l’Agricollectif, un collectif agricole en recherche de terrain pour expérimenter d’autres façons de vivre. Nous cherchions un terrain à acheter mais nous nous sommes vite aperçus que les prix des terrains étaient hors de nos possibilités. Le terrain qui correspondait le plus à notre projet était 4 à 5 fois plus cher et puis, sur notre chemin, nous avons rencontré la foncière Terre de Liens qui permet l’installation de jeunes agriculteurs bio grâce à de l’épargne citoyenne.
C’était un défi notamment car Terre de Liens n’avait pas d’antenne en Paca, mais nous avons été accompagnés par Pierre Fabre, un des administrateurs de Terre de Liens qui habite dans la région. Nous avons réussi à collecter 200 000 € de promesses d’épargne en deux mois et demi, en démarchant en France et en Belgique. Et grâce à près de 200 épargnants solidaires, Terre de Liens est devenue propriétaire du terrain et nous le loue. Notre engagement auprès d’eux est de lever encore 200 000 € d’épargne pour arriver au montant total du terrain afin que la foncière récupère son investissement pour permettre l’émergence d’autres projets comme le nôtre.

Quelles sont les activités que veut développer votre collectif ?
Au niveau agricole, à court terme du maraîchage avec sur du long terme de l’arboriculture et plus que probablement les herbes médicinales, la pisciculture, l’apiculture et du petit élevage de volaille. Et pour essayer de tenir une ligne budgétaire viable, nous avons d’ores et déjà lancé un service de pension équine et un gîte. Plus globalement, notre projet s’inscrit dans une dynamique plus large intégrant un réseau d’échanges avec d’autres acteurs.

Votre projet s’insère dans une chaîne d’échanges avec d’autres acteurs...
L’idée est de créer un réseau large qui vise à répondre aux besoins essentiels communs de ses membres en intégrant la conscience écologique : manger sainement, habiter autrement, cultiver des relations nourrissantes, créer des espaces d’épanouissement, alimenter des systèmes économiques conformes à nos valeurs...
En tant que pôle agricole dans ce réseau associatif, l’Agricollectif veut mutualiser la production alimentaire, un peu comme les Amap, sauf que ceux qui mangent nos légumes sont d’autres acteurs de la chaîne. Nous organisons des Journées d’Actions Collectives ouvertes à tous les membres du réseau pour cultiver la dynamique, le lieu et le lien.

Est-ce qu’on ne vous regarde pas bizarrement localement ?
Pendant la journée d’ouverture on a proposé différentes interventions, notamment sur la permaculture, puis on s’est présenté personnellement ainsi que notre projet dans une démarche de franche ouverture en demandant par exemple à nos voisins de venir nous voir en cas de gènes, d’incompréhension... Une de nos valeurs fondamentales est la transparence : dire ce qu’on vit et pas ce qui nous arrange.

Quel lien au territoire cultivez-vous ?
Dans la dynamique que l’on se propose, plus les personnes sont proches mieux c’est, et les relations avec les voisins se développent petit à petit. Cultiver le lien n’est pas qu’un slogan, mais bel et bien un besoin fondamental, en particulier pour nourrir un projet humain. Naturellement, il est plus facile d’aller d’abord vers les personnes qui partagent une conception proches de nos valeurs, mais il nous est important de rencontrer,autant que possible, les habitants de la région. Pour la journée d’ouverture du lieu, le 20 septembre dernier, on a beaucoup communiqué localement, près de 200 personnes sont venues, dont à peu près une trentaine de voisins.

Comment se déroulent les journées d’actions collectives ?
On les organise depuis peu et on commence à peine à communiquer dessus. Concrètement, ce sont des journées ouvertes à tous, généralement des week-end avec au programme : présentation de l’association, chantiers participatifs, activités d’épanouissement à choisir ensemble. La rencontre et les échanges sont également le point d’entrée de tous ceux qui envisageraient de rejoindre notre réseau associatif.

propos recueillis par Cédric Lefebvre

En images

Le gîte d'Agricollectif Agricollectif
Mis à jour : jeudi 10 décembre 2009
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