Juillet 2014

5 bonnes raisons de résister

Cet été, les raisons de résister sont nombreuses. En voilà 6 qui nous parlent des malaises de notre époque. Alors, entre plage et rosé, rien ne nous empêche de dire NON et de rester debout !

L’Union des Centres Sociaux des Bouches-du-Rhône réaffirme ses valeurs après l’élection d’un maire FN à Marseille

Nous relayons ici un communiqué de l’Union des Centres Sociaux des Bouches-du-Rhône :

Après l’élection d’un maire FN à la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille,
Nous, Union des Centres Sociaux des Bouches-du-Rhône (UCS 13), et à travers elle, le réseau des 50 centres sociaux et espaces de vie sociale qui y adhèrent, ne nous reconnaissons pas dans les valeurs de ce parti.
Nous, militants pour la participation et le renforcement du pouvoir d’agir des habitants, réaffirmons les valeurs fondatrices inscrites dans la Charte fédérale des centres sociaux et socioculturels de France qui guident notre action :

  • La dignité humaine, c’est-à-dire l’accueil, l’écoute et le respect de chacun, la reconnaissance de tous, quelles que soient leurs origines, leur religion, leur genre, leurs cultures, leurs ressources.
  • La solidarité, c’est-à-dire considérer les femmes et les hommes comme étant capables de vivre ensemble en société, permettre à chacun de trouver une place, remettre l’entraide et la fraternité au cœur de nos relations.
  • La démocratie, c’est-à-dire vouloir une société ouverte au débat et au partage du pouvoir, donner toute sa force à la démocratie locale, à l’engagement civique des citoyens, accompagner tous les habitants pour qu’ils connaissent, comprennent et agissent dans notre société républicaine.

Dans ce contexte politique, nous appelons à la vigilance citoyenne par la création d’un espace collectif d’observation, de réflexion et d’alerte. Et nous invitons les habitants qui le souhaitent, à le rejoindre à travers les centres sociaux.

Quelques jours après la diffusion de ce communiqué, le maire FN des 13è et 14è arrondissements de Marseille signait une circulaire interdisant « l’usage d’une autre langue que le français par les agents en service, notamment dans les centres sociaux ou d’animation ». Des premiers pas qui fleurent bon le vivre ensemble ! Citoyens, ne léchons pas les bottes rances de ces élus sans trône : vigilance et résistance seront nos réponses. Et face à l’exclusion, la stigmatisation et la bêtise, l’Apeas, aux côtés des centres sociaux, continuera d’opposer les armes de l’intelligence collective : solidarité et pouvoir d’agir !

Plus d’infos :
http://www.ucs13.fr
8, boulevard de Dunkerque – 13002 Marseille
04 96 11 53 60
info@ucs13.fr

Signer la pétition de l’association Générations Futures

Les 7 et 8 juillet, la loi d’Avenir Agricole était discutée à l’Assemblée Nationale. Une pétition circule pour y inclure un amendement interdisant la pulvérisation de pesticides le long des habitations et des écoles. Elle est accessible ICI. On comptait 124 100 signatures au 7 juillet. Quelques jours ont suffit pour mobiliser de nombreux citoyens sur un sujet qui nous concerne tous.

Riposte de la FNSEA mardi 24 juin qui a mobilisé 250 agriculteurs sur la place de la Concorde à Paris contre "la multiplication des contraintes". Et dans la foulée, le ministre de l’agriculture, dont l’oreille droite semble mieux fonctionner que la gauche, soulignait sur l’antenne d’une radio nationale : "il y a besoin de protéger certaines populations, c’est on ne peut plus normal. Ça peut évoluer, ce ne sera pas forcément 200 mètres." Suivaient tout un tas de déclarations destinées à rassurer le syndicat majoritaire tout en s’asseyant sur l’espoir de voir limiter les épandages de pesticides.

250 exploitants énervés valent donc mieux que 120 000 citoyens inquiets, c’est en tout cas la leçon que livre Stephane Le Foll, ministre de l’Agriculture, à la veille des discussions sur la loi d’Avenir Agricole. Prochainement, un appel à projet concernant "la participation des citoyens au cœur de la politique de la ville" sera lancé par ce même gouvernement. Ce genre de revirement n’est pas du genre à rassurer... Mais cela ne doit pas nous faire baisser les bras. Signons, diffusons, combattons les pouvoirs des lobbies qui veulent faire de nos campagnes des cimetières stériles. Et pour bien commencer l’été, pourquoi ne pas faire un tour par là : SIGNER LA PÉTITION

Ci-gît Là-bas... : Rendez France Inter aux auditeurs !

"Là-bas si j’y suis", c’est fini. Telle est la décision, semble-t-il irrévocable, de la nouvelle direction de France Inter.

Finie l’émission de Mermet à l’antenne depuis 25 ans. Finie la parole donnée à tous ceux qui luttent et travaillent à construire des alternatives aux quatre coins du monde. Finie la sentinelle qui débusquait tous les petits arrangements des puissant pour les décortiquer au grand jour. Fini le journalisme de terrain qui n’a pas besoin d’être impartial pour être crédible mais qui a le mérite de sortir des conforts des studios pour se confronter à la rue.

"Là-bas si j’y suis", c’était un parti pris, celui d’une France militante, citoyenne, attachée à une certaine idée du service public radiophonique que les chantres du formatage journalistique, de l’information immédiate, des micro-trottoirs qui légitiment tout et n’importe quoi, ont enfin réussi à faire plier.

Ils n’en étaient pas à leur première tentative mais ils semblent enfin avoir pris le dessus. Au grand dam de tous les AMG, ces "auditeurs modestes et géniaux" qui se réunissent dans les 180 repaires des amis de Là-bas si j’y suis dans toute la France. Pas un fan club de Mermet même si on trouve beaucoup d’auditeurs profondément attachés à l’image et à la voix de leur "idole", mais des groupes qui se retrouvent régulièrement pour continuer les débats lancés dans l’émission, réfléchir ensemble etc. Vous en connaissez beaucoup des émissions radio capables de créer un tel mouvement ? C’était un fait unique, une histoire à part que solde la direction de France Inter.

Daniel Mermet était présent les 4,5 et 6 juillet à Aix en Provence pour les Rencontres Déconnomiques organisées à Aix. Une coordination s’organise tout l’été pour préparer une manifestation de grande ampleur le jour de la présentation de la grille de rentrée de France Inter. Elle mobilise sur tous les fronts : politiques, associatifs, syndicaux et citoyens. Le combat doit s’inscrire dans la durée pour que cette heure d’antenne dédiée à d’autres voix que celles de l’ultralibéralisme soit maintenue. Un mot d’ordre : "Rendez France Inter aux auditeurs". Pour se mobiliser, suivez le lien : http://www.la-bas.org/

Déplacez ce camion que je ne saurais voir !

Non, ceci n’est pas une tirade d’un Tartuffe 2.0 mais bien en substance le message de Sandrine Bernasconi, la toute fraîche maire UMP des 1er et 7è arrondissements de Marseille, adressé à Emmaüs. Depuis plusieurs mois, un petit camion vert joliment décoré par les compagnons, s’installe sur la place face à la mairie de secteur en haut de la Canebière, pour y distribuer des petits déjeuner à l’heure où Marseille se réveille. Tout allait bien jusqu’à ce qu’Emmaüs souhaite prolonger la distribution de 9h à 13h et proposer après le petit déjeuner une soupe à ceux qui ont faim. Pas vraiment du goût de la majorité Gaudin qui a proposé au camion de se délocaliser loin des regards. Une décision que la maire de secteur justifiait ainsi : "cette opération n’est pas en adéquation avec les objectifs que nous avons pour le haut de la Canebière. Au vu de son patrimoine, on veut lui donner une vocation plutôt culturelle. Elle va participer au projet de rénovation du centre-ville". Traduire par : pauvres ou touristes, il faut choisir, pour nous ce sera les touristes. On croirait presque que Mme Bernasconi ignore que sa mairie se situe dans un arrondissement où le chômage touche 27 % de la population active (chiffres de l’INSEE en 2009). Autant dire qu’elle a du pain sur la planche... Quant aux touristes qui oseraient arpenter la Canebière sans protection policière (il y en a quand même quelques-uns, rassurez-vous), ils n’y voient qu’un reflet de la réalité de cette ville où les solidarités s’organisent sans les pouvoirs publics qui préfèrent couvrir un stade que remplir les ventres vides.

Emmaüs résiste à cette décision et continue d’installer son camion sur la place. Et après avoir un peu réfléchi, la maire de secteur a fini par se raviser et autoriser le camion à s’installer jusqu’en octobre du petit déj’ à la soupe de midi.

Le planning familial en congés forcés

Voilà une réalité qui est difficile à entendre : le planning familial à Marseille est dans l’obligation de fermer ses portes du 4 au 14 août pour la première fois en 50 ans d’existence. Comme beaucoup d’associations, le Planning souffre de finances trop fragiles qui l’obligent à supprimer des postes et fermer des permanences cet été. Dans la deuxième ville de France où les tensions sociales et sexuelles sont plus que prégnantes, à une époque où les moralistes de tous poils se font beaucoup trop entendre, le Planning familial fait office de garde fou. Espace refuge pour la parole, lieu apaisé et accueillant où les décisions se prennent en conscience, le planning ne peut être laissé dans cette situation qui le menace tout entier.

Le symbole est alarmant au-delà de ce qu’il dit de la situation des associations dans notre pays. Ici, c’est une histoire de l’émancipation qui est atteinte, fruit d’une longue lutte féministe, de combats et de progrès qu’on laissent dépérir pour quelques sous manquants. Si en politique, l’amnésie garantit la durée, à l’échelle d’une société, elle mène droit au mur. RÉAGISSONS !

Plus d’infos :
http://www.ucs13.fr
106 boulevard National - 13003 Marseille
04 91 91 09 39

Mis à jour : vendredi 11 juillet 2014
La dynamo

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